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Le père de Grégory Villemin demande sa réhabilitation

Le père de Grégory Villemin demande sa réhabilitation

PARIS (Reuters) - Les avocats de Jean-Marie Villemin, condamné pour avoir tué en 1985 le meurtrier présumé de son fils, Bernard Laroche, ont demandé sa réhabilitation à la cour d'appel de Paris.

Vingt-trois ans après l'un des plus célèbres faits divers de l'histoire judiciaire, Mes Thierry Moser et Marie-Christine Chastant-Morand ont exposé à huis clos leurs arguments en faveur de cette décision très rare, qui permettrait d'effacer le casier judiciaire du père du petit Grégory.

La chambre de l'instruction, saisie déjà en janvier, avait ordonné un complément d'information concernant le comportement de Jean-Marie Villemin pendant et après sa détention. La décision devait être mise en délibéré.

Le parquet général a émis un avis favorable provisoire au début de la procédure et devait se prononcer définitivement lors de l'audience.

Cette procédure ravive les blessures de cette affaire jamais élucidée. Marie-Ange Laroche, veuve de Bernard, et des membres de sa famille, non représentés dans le procédure, ont protesté dans les médias contre la demande de Jean-Marie Villemin.

Ils soulignent que ce dernier a déjà un emploi et ne vise donc pas, selon eux, un objectif juridique, mais moral.

"Les termes de la loi devraient être modifiés pour empêcher que l'on puisse éventuellement penser que, finalement, Villemin a eu raison de tuer Laroche", a déclaré à la presse Me Gérard Welzer, avocat des Laroche.

Grégory, âgé de quatre ans, avait été retrouvé mort, pieds et mains liés, le 16 octobre 1984 dans la Vologne, une rivière proche de son domicile de Lépange-sur-Vologne (Vosges). Un juge avait d'abord inculpé Bernard Laroche, mis en cause par un témoignage et des éléments matériels.

Libéré en mars 1985, après la rétractation du témoin et des annulations de procédure, Bernard Laroche avait été tué par Jean-Marie Villemin, son cousin. Celui-ci fut condamné en 1993 à cinq ans de prison, dont quatre ans ferme, pour ce crime.

Christine Villemin avait été inculpée et incarcérée en 1985 par le même juge d'instruction pour l'assassinat de son fils, avant de bénéficier d'un non-lieu en 1993 pour "absence de charges", dans une décision qui relevait que des charges très sérieuses subsistaient sur Bernard Laroche.

Cette affaire a suscité de nombreuses questions sur le fonctionnement de la justice et des médias, divisés en deux camps sur l'affaire. L'Etat français a été déclaré responsable d'une "faute lourde du service public de la justice" et a dû indemniser les Laroche comme les Villemin.


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©2020 Reuters

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