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Le numérique va modifier la production d'Airbus, dit Faury

Le numérique va modifier la production d'Airbus, dit Faury
Crédit photo © Reuters

par Tim Hepher

SYDNEY (Reuters) - Guillaume Faury, nouveau patron de la division avions de ligne d'Airbus, affirme que la technologie numérique va envahir la production aéronautique dans les années à venir, ce qui augmentera le rythme de production et entraînera une réorientation des dépenses de recherche et développement.

L'ex-patron d'Airbus Helicopters, qui a pris la présidence d'Airbus Commercial en février, annonce que la nouvelle ligne de production d'A320, qui sera bientôt ouverte à Hambourg, contiendra beaucoup plus d'automates que les autres.

"Qu'il s'agisse d'outils modernes ou d'accès à davantage de données, il existe bien plus de possibilités qu'auparavant. Ce qui a marché sur de petites lignes de production devient une réalité pour les plus grandes", a-t-il déclaré à Reuters avant l'ouverture dimanche d'une réunion de l'Association internationale du transport aérien (IATA) à Sydney. "Cela va transformer l'industrie, j'en suis convaincu."

Ces déclarations reflètent l'évolution de la concurrence dans le secteur, qui se concentre davantage sur l'amélioration de la productivité que sur l'accumulation de ventes exceptionnelles, alors qu'Airbus et Boeing ont chacun un carnet de commandes qui représente huit années de production.

Vendredi, Guillaume Faury a adressé aux salariés d'Airbus un document dans lequel il souligne que l'avionneur va devoir répondre à un défi d'une ampleur inédite s'il veut atteindre ses objectifs de livraison pour 2018.

Le constructeur n'est cependant pas encore prêt à porter le rythme de production de ses avions monocouloirs A320 à 70 appareils par mois en raison de récents retards de livraison de moteurs dus à des problèmes techniques et de chaîne logistique.

"Le rythme de 75 (par mois) créerait des opportunités pour faire de nouvelles choses, mais nous n'en sommes pas encore là. Nous portons la cadence de 50 à 60. C'est le défi du moment (...) J'aime à dire (que l'on avance) pas à pas", a-t-il ajouté.

En raison de la pénurie de moteurs, un nombre record de 100 avions, à moitié finis, sont en attente de livraison.

PAS D'AUGMENTATION DES DÉPENSES DE R&D

Faury a dit que le succès de la famille des A320 avait porté le rythme de production à un niveau inimaginable dans le passé.

Il a souligné que lorsque les usines de production d'A320 ont été conçues il y a 30 ans, elles n'étaient pas destinées à assurer la production de masse réclamée aujourd'hui. Elles étaient conçues pour fabriquer 1.500 avions sur la totalité du programme, alors qu'Airbus en construit 600 par an actuellement.

Airbus a vendu 8.000 appareils auxquels s'ajoutent 6.000 commandes, et la réduction des coûts est un élément crucial pour ce segment du marché de l'aéronautique confronté à une concurrence est de plus en plus vive, entre les A320 et les 737. La bataille autour de la stratégie de production devrait être encore plus féroce pour les nouveaux modèles à venir.

A la question de savoir si cela va augmenter les dépenses de recherche et de développement, Guillaume Faury a dit: "non (...) mais la part consacrée au numérique augmente très sensiblement."

Il a également pris quelque distance avec la rhétorique agressive développée par Airbus jusqu'à récemment dans la bagarre contre Boeing pour les parts de marché.

Pendant des années, les deux géants de l'aéronautique se sont battus pied à pied pour la plus grosse part de marché, y compris en consentant d'importants rabais sur le prix des appareils.

Interrogé sur l'importance de cette notion de parts de marché, Guillaume Faury a dit: "Une entreprise n'est pas dans la même position quand elle doit prendre une place sur le marché et gagner en crédibilité pour devenir un des grands acteurs du jeu. Je pense que c'est désormais derrière nous chez Airbus et nous avons acquis cette place et le jeu en est légèrement modifié."

(Juliette Rouillon pour le service français)


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