Le maréchal Haftar candidat à la présidentielle

Le maréchal Haftar candidat à la présidentielle
Le maréchal Haftar candidat à la présidentielle
Crédit photo © Reuters

BENGHAZI, Libye (Reuters) - Khalifa Haftar, dont les forces contrôlent l'est et le sud de la Libye, a annoncé mardi dans un discours télévisé sa candidature à l'élection présidentielle du 24 décembre.

"Les élections sont le seul moyen de sortir de la grave crise dans laquelle notre pays est plongé", a déclaré le maréchal Haftar, qui doit formellement enregistrer sa candidature dans la journée à Benghazi.

Il a promis de conduire la Libye "sur la voie de la réconciliation, de la paix et de la construction" en cas de victoire.

Le commandant des forces de l'Armée nationale libyenne (ANL) a conduit une guerre contre les milices de l'ouest de la Libye après la division du pays en deux camps rivaux en 2014 et mené entre avril 2019 et juin 2020, avec le soutien des Emirats arabes unis, de l'Egypte et de la Russie, une vaine offensive pour tenter de capturer Tripoli.

Sa candidature était attendue depuis qu'il avait annoncé en septembre dernier qu'il renoncerait pendant trois mois à toute fonction militaire, comme l'exige une loi électorale cependant rejetée par les groupes armés basés à Tripoli.

S'ajoutant à celle de Saïf al Islam Kadhafi, fils de l'ancien dictateur Mouammar Kadhafi, renversé et tué en 2011, et à celle, probable, de l'actuel Premier ministre Abdel Hamid Dbeibah, elle devrait soulever de nouvelles interrogations sur la capacité de l'élection à ramener la paix dans le pays, où un cessez-le-feu tient depuis octobre 2020.

La tenue même de la présidentielle et des législatives prévues le même jour, dont les modalités restent contestées par une partie des multiples factions libyennes, est encore incertaine, en dépit du soutien de la communauté internationale, réaffirmé vendredi lors d'une conférence à Paris.

La candidature de Khalifa Haftar devrait provoquer la colère de ses adversaires à Tripoli et dans les régions de l'ouest du pays, qui jugent impossible d'organiser un vote équitable dans les zones qu'il contrôle et dénoncent ses crimes de guerre, accusations qu'il rejette.

(Reportage Ayman al Warfali, avec Maher Chmaytelli à Dubaï; version française Jean-Stéphane Brosse, édité par Nicolas Delame)

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