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Le marathon du Brexit se rapproche de la ligne d'arrivée

Le marathon du Brexit se rapproche de la ligne d'arrivée
Crédit photo © Reuters

par Gabriela Baczynska et John Chalmers

BRUXELLES (Reuters) - L'Union européenne et le Royaume-Uni sont proches d'un accord sur l'après-Brexit, ont déclaré mercredi des diplomates à Bruxelles, laissant espérer une rupture ordonnée entre les deux parties à moins de huit jours du départ effectif des Britanniques de l'UE.

Ni l'UE ni Londres n'ont confirmé officiellement l'imminence d'un accord. Un diplomate a jugé possible un accord dès mercredi soir, un autre a évoqué mercredi, jeudi, voire après Noël.

Un reporter du Daily Mail a annoncé en début de soirée qu'un accord avait été conclu, ajoutant toutefois que les négociateurs européen Michel Barnier et britannique David Frost étaient encore en train de finaliser le texte. Un incident de dernière minute reste possible, mais il est "hautement improbable" que les discussions échouent à ce stade, ont déclaré des sources britanniques citées par le journaliste.

Des rumeurs circulent également sur la possibilité d'une annonce du Premier ministre britannique Boris Johnson dans la soirée.

Une source à la Commission européenne a déclaré que les discussions se poursuivaient, mais qu'elles étaient dans leur "phase finale". Un responsable de l'UE a cependant mis en garde : "Tout pourrait se retourner dans l'autre sens."

Une source gouvernementale britannique a également prôné la prudence : "Les négociations se poursuivent", a-t-elle dit.

Trois sources diplomatiques ont toutefois indiqué à Reuters que les Etats membres avaient entamé des préparatifs pour une procédure d'application provisoire d'un éventuel accord commercial afin qu'il soit mis en place à partir du 1er janvier car le Parlement européen n'aura pas le temps de le ratifier d'ici cette date.

Formellement, le Royaume-Uni a quitté l'UE le 31 janvier dernier mais est alors entré dans une période de transition durant laquelle il reste soumis aux règles européennes, et donc aux accords commerciaux négociés par la Commission européenne au nom des Etats membres de l'UE. Cette période transitoire court jusqu'au 31 décembre 23h00 GMT.

A partir du 1er janvier, les échanges entre Londres et le bloc des Vingt-Sept seront régis par les règles de l'OMC (Organisation mondiale du commerce), et des quotas et droits de douane seront rétablis si aucun accord n'est conclu entre-temps.

NOUVEL ÉCHANGE ATTENDU ENTRE JOHNSON ET VON DER LEYEN

La Grande-Bretagne et l'Union européenne tentent toujours de rapprocher leurs points de vue sur la pêche et les conditions d'une concurrence équitable qui font obstacle à un accord, avait indiqué mercredi matin le gouvernement britannique.

Une source française a déclaré quant à elle que les Britanniques avaient fait "d'immenses concessions" au cours des dernières 48 heures. On est "loin des trois ans et 80% de baisses de quotas proposées il y a encore une semaine", a-t-elle ajouté.

Dans la matinée de mercredi, le Premier ministre irlandais s'était montré optimiste quant à la possibilité de trouver un accord avant le 31 décembre étant donné les avancées constatées ces derniers jours.

"Je pense, étant donné la progression des discussions, qu'il devrait y avoir un accord. Un 'no-deal' (l'absence d'accord) aurait des conséquences épouvantables sur le système économique, en plus du COVID-19", a déclaré Micheál Martin sur la chaîne RTE.

Il a admis néanmoins que les désaccords sur la pêche étaient encore importants. L'Europe a proposé de diminuer de 25% ses prises dans les eaux britanniques sur une période de six ans, mais la Grande-Bretagne a une position bien plus "exigeante", a-t-il dit.

Le ministre britannique au Logement, Robert Jenrick, a affirmé de son côté que les négociations n'étaient pas encore près d'aboutir.

"Je reste raisonnablement optimiste mais il n'y a rien de neuf à vous annoncer ce matin", a-t-il dit sur Sky News.

"Il y a toujours les mêmes sujets profonds de désaccord (...) Nous travaillons sur ces questions, nos négociateurs vont continuer", a-t-il poursuivi. "Mais pour le moment, il n'y a pas de progrès suffisants. Ce n'est pas un accord que le Premier ministre (Boris Johnson) a le sentiment de pouvoir signer."

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre britannique devraient avoir un nouvel entretien téléphonique mercredi, a-t-on dit de sources européennes. Ils avaient déjà échangé lundi sur ces deux principaux points d'achoppement.

(Avec Guy Faulconbridge, John Chalmers, Kate Holton, Sujata Rao, Elizabeth Piper, Michael Shields, Padraic Halpin, Michel Rose, version française Bertrand Boucey, Caroline Pailliez et Jean-Stéphane Brosse, édité par Jean-Michel Bélot)


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