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Le gouvernement défend son ambition écologique à un an de la présidentielle

Le gouvernement défend son ambition écologique à un an de la présidentielle
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Le gouvernement examine ce mercredi en conseil des ministres le projet de loi "Climat et résilience", que l'exécutif présente comme une preuve de son engagement en faveur de l'écologie à un peu plus d'un an de l'élection présidentielle mais que ses détracteurs jugent, au mieux, trop timide.

Le texte met en oeuvre une partie des 149 propositions, certaines amendées, issues de neuf mois de travaux des 150 membres tirés au sort de la Convention citoyenne pour le climat, avec l'objectif affiché de faire baisser de 40% d'ici 2030 les émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990.

Parmi les mesures de ce texte appelé à être débattu en mars à l'Assemblée nationale figurent la fin de la location de logements mal isolés, surnommés "passoires thermiques", à l'horizon 2028, la régulation de la publicité pour les énergies fossiles ou encore la fin des lignes aériennes "s'il existe une alternative en train en moins de 2h30", là où les membres de la convention proposaient quatre heures.

Interrogée sur France Inter, Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, a défendu l'ambition d'une loi qui "va faire entrer l'écologie et donc le bon sens dans la vie quotidienne des Français".

Elle a rappelé que ce texte s'inscrivait dans la continuité des politiques menées depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron.

"Dire que cette loi est une loi qui doit porter à elle seule toutes les ambitions de la France sur les réductions de gaz à effet de serre, c'est absolument absurde", a affirmé Barbara Pompili. "On a un ensemble de mesures qui sont portées depuis le début de ce quinquennat qui poussent vers cette orientation."

"GRANDE OCCASION RATÉE"

Face aux critiques, elle a plaidé en faveur de mesures d'accompagnement "pour que les gens aient des solutions" afin de s'adapter aux objectifs climatiques plutôt qu'à des mesures immédiatement coercitives.

"Je veux bien qu'on dise qu'il y a des possibilités d'avancer encore plus mais (...) c'est un message que je veux adresser à mes amis écologistes, arrêtons de décourager les gens."

Dans les rangs écologistes justement, dont la ministre est issue, on parle en revanche de "grande occasion ratée", selon les termes d'Eric Piolle.

Sur RTL, le maire de Grenoble a accusé le président de la République de faire "le choix de protéger ses amis, les publicitaires, les géants de l'aviation, les géants américains" au détriment de "nos modes de vie, ce qui fait les dépenses des ménages".

"Vu les enjeux, ces petites avancées (...) sont en fait des reculs", a-t-il insisté. "Le cap lui-même n'est pas assez ambitieux (...) et en plus on ne se donne pas les moyens."

Les critiques ne viennent pas seulement de l'opposition politique.

Dans une lettre ouverte au président de la République, 110 organisations de la société civile - dont Greenpeace, Emmaüs France et WWW France - réunies dans le collectif Réseau action climat jugent que "ce projet de loi cède largement le pas à l'incitation et aux simples encouragements à changer de pratiques là où une intervention des pouvoirs publics est requise".

Dans un avis rendu fin janvier, le Conseil économique social et environnemental (CESE) a pour sa part estimé que "les nombreuses mesures du projet de loi sont en général pertinentes, mais restent néanmoins souvent limitées, différées, ou soumises à des conditions telles que leur mise en oeuvre à terme rapproché est incertaine".

L'exécutif est sous pression, une semaine après la condamnation par le tribunal administratif de Paris, qui a jugé l'Etat français coupable de "carences fautives" en matière de lutte contre le réchauffement de la Terre.

En novembre, le Conseil d'Etat avait déjà dénoncé l'échec de la France à respecter ses objectifs climatiques.

Le gouvernement promet des avancées à l'occasion de la présidence française de l'Union européenne, au premier semestre 2022. Elle coïncidera avec la tenue de l'élection présidentielle en France, en vue de laquelle l'écologie s'annonce comme un thème de campagne important.

(Elizabeth Pineau, avec Bertrand Boucey, édité par Jean-Stéphane Brosse)


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