Le G20 promet de l'aide face à la crise humanitaire en Afghanistan

Le G20 promet de l'aide face à la crise humanitaire en Afghanistan
Le G20 promet de l'aide face à la crise humanitaire en Afghanistan
Crédit photo © Reuters

par Crispian Balmer

ROME (Reuters) -Les pays du G20 sont déterminés à lutter contre la crise humanitaire en Afghanistan, même si cela signifie de devoir coordonner leurs efforts avec les taliban, a déclaré mardi le président du Conseil italien, Mario Draghi, hôte d'un sommet en urgence organisé par visioconférence.

Depuis que les taliban sont revenus au pouvoir à Kaboul le 15 août à l'issue d'une offensive éclair, la crise économique s'est amplifiée en Afghanistan, frappé par ailleurs par une vaste sécheresse, ce qui laisse craindre un exode massif de réfugiés.

"Il y a eu une convergence d'opinions sur la nécessité de répondre à l'urgence humanitaire", a déclaré Mario Draghi aux journalistes à l'issue de ce sommet spécial.

Le président américain Joe Biden, le Premier ministre indien Narendra Modi et de nombreux dirigeants européens ont participé à la réunion virtuelle. En revanche, le président chinois Xi Jinping et le président russe Vladimir Poutine était absents, mettant en exergue des positions divergentes sur le sujet.

Mario Draghi a estimé que l'absence des dirigeants chinois et russe n'avait pas affaibli l'importance de la réunion organisée par l'Italie, qui occupe la présidence tournante du G20. "Il s'agissait de la première réponse multilatérale à la crise afghane (...) Le multilatéralisme revient, avec difficulté, mais il revient", a-t-il dit.

Les participants au sommet sont convenus à l'unanimité de la nécessité d'atténuer la crise en Afghanistan, où les ressources financières des banques s'épuisent, les salaires des fonctionnaires ne sont plus versés et les prix des produits alimentaires s'envolent, faisant craindre une vaste famine.

En grande majorité, l'aide internationale sera chapeautée par les Nations unies. Toutefois, il y aura également une aide directe, de pays à pays, malgré le refus de la plupart des gouvernements de reconnaître officiellement le pouvoir taliban.

"C'est très compliqué d'imaginer comment aider le peuple afghan sans impliquer les taliban (...) mais cela ne veut pas dire les reconnaître", a déclaré Mario Draghi, répétant que le mouvement islamiste serait jugé sur ses actions et non pas ses paroles.

Le dirigeant italien a dit "ne pas voir de progrès pour l'heure" sur le sort des femmes dans le pays.

A Washington, la Maison blanche a rapporté que les dirigeants du G20 avaient discuté du "besoin primordial de maintenir une attention toute particulière sur nos efforts durables de lutte contre le terrorisme, notamment face aux menaces" de l'antenne locale du groupe Etat islamique (EI).

Dans un communiqué commun diffusé après le sommet, les dirigeants du G20 appellent les taliban à agir face aux groupes extrémistes opérant depuis l'Afghanistan. Ils soulignent que les futurs programmes humanitaires devront privilégier les femmes et les filles, et que les Afghans souhaitant quitter le pays doivent pouvoir le faire en toute sécurité.

En amont du sommet, Pékin a publiquement demandé que les sanctions économiques visant l'Afghanistan soient levées et que des milliards de dollars d'actifs internationaux détenus par le pays soient débloqués.

Washington a fait savoir que la Grande-Bretagne, où une grande partie des actifs afghans se trouvent, était réfractaire à la demande chinoise.

Aucune mention de cette question ne figure dans le communiqué final.

(Reportage Crispian Balmer et Francesca Landini; version française Jean Terzian, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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