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Le 10 ans américain s'approche de 3%, prudence sur les actions

Le 10 ans américain s'approche de 3%, prudence sur les actions

Crédit photo © Reuters

par Blandine Henault

PARIS (Reuters) - Le rendement des emprunts d'Etat américain à 10 ans poursuit sa remontée lundi, s'approchant du seuil de 3% infranchi depuis quatre ans, ce qui alimente la nervosité sur les marchés d'actions confrontés par ailleurs à de multiples publications de résultats.

À Paris, l'indice CAC 40 abandonne 0,29% à 5.396,92 points vers 08h25 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,4% tandis que le Footsie à Londres résiste (-0,04%) grâce à la progression du secteur de la distribution.

L'indice EuroStoxx 50 de la zone euro cède 0,23%, le FTSEurofirst 300 perd 0,27% et le Stoxx 600 se replie de 0,22%.

A Wall Street, les contrats à terme sur les indices se sont retournés à la baisse et les principales places asiatiques ont clôturé dans le rouge.

Les investisseurs se préparent à une actualité chargée sur le front des publications de résultats d'entreprises dans les prochains jours mais c'est surtout un regain de tension sur le marché obligataire qui alimente la nervosité en ce début de semaine.

Le rendement des Treasuries à 10 ans a atteint lundi un pic à 2,992%, dépassant ainsi de loin le plus haut à 2,957% touché fin février pour s'approcher du seuil symbolique de 3% qui n'a pas été franchi depuis janvier 2014.

En Europe, le rendement du Bund allemand de même échéance grimpe de près de quatre points de base, à 0,629%, un plus haut de six semaines.

La remontée des taux longs avait été à l'origine du brutal mouvement de correction des actions début février, avant que les craintes sur les projets protectionnistes de Donald Trump ne favorisent une détente sur le marché obligataire.

Le nouveau mouvement de vente sur les obligations souveraines de longue échéance s'explique par la hausse des cours du pétrole qui alimente les anticipations d'inflation.

"Avec les pressions sur le pétrole, mais aussi sur les prix de l'acier et de l'aluminium, le sujet de l'inflation semble faire son retour après avoir été évincé par la thématique de la guerre commerciale", pointe Rene Albrecht, analyste chez DZ Bank.

Les prix du brut sont en léger repli lundi, pénalisés par des signes d'une hausse de la production américaine, mais le baril de Brent évolue toujours non loin de 74 dollars, un plus haut depuis décembre 2014.

Le cours de l'aluminium et du minerai de fer gagnent plus de 2%.

DES PMI EN ATTENDANT LA BCE

Sur le marché des changes, cette remontée des rendements des Treasuries favorise le dollar, en hausse de 0,25% face à un panier de devises de référence. L'euro abandonne notamment 0,29% à 1,225 dollar.

La devise unique est pénalisée en outre par des indicateurs PMI flash ressortis mitigés en zone euro, avec notamment une chute de la croissance des nouvelles commandes en Allemagne.

Les cambistes attendent, jeudi, la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) même si un statu quo est largement anticipé.

"Ce n'est sans doute qu'en juin que la décision concernant l'arrêt du QE (programme de rachats d'actifs) en fin d'année sera faite", observe Hervé Goulletquer, chez LBPAM. "Il faudra cependant suivre de près la conférence de presse de Mario Draghi. Un certain nombre de membres du Conseil ont paru plus prudents sur la période récente".

Aux valeurs, l'allemand Metro chute de 8,25%, la plus forte baisse du Stoxx 600, après un avertissement sur ses résultats 2017-2018.

Non loin, UBS lâche 4,1% en dépit de l'annonce d'une hausse du bénéfice net au premier trimestre. La banque suisse s'est montrée prudente pour le deuxième trimestre et des traders évoquent également un ratio de capital CET1 légèrement inférieur aux attentes.

A Paris, Iliad accuse l'un des plus forts replis du SBF 120 (-2,26%) après l'abaissement du conseil de Morgan Stanley à "sous-pondérer". Les analystes de la banque américaine s'inquiètent des faibles perspectives de croissance du chiffre d'affaires pour l'activité mobile en France et de la faiblesse des flux de trésorerie et estiment que les objectifs du groupe pour 2020 risquent de ne pas être atteints.

Du côté des hausses, l'allemand Fresenius avance de 2,07% après avoir renoncé à racheter l'américain Akorn en raison d'irrégularités dans les données publiées par le fabricant américain de médicaments génériques.

A contrario, sa filiale cotée Fresenius Medical Care (FMC) abandonne 3,79% après avoir réduit son objectif de chiffre d'affaires de 2018 en raison d'une réduction des dosages de médicaments calcimimétiques dans ses services de dialyse aux Etats-Unis.

Le groupe suisse de logiciels bancaires Temenos avance de 3,53% après avoir dit qu'il ne releverait pas son offre d'achat sur le britannique Fidessa (-1,48%).

Le néerlandais Philips bondit de 3,28% en réaction à des résultats supérieurs aux attentes au titre du premier trimestre. Le fabricant britannique de moteurs Rotork est aussi plébiscité (+9,97%) après l'annonce d'une hausse de 10,2% de son chiffre d'affaires trimestriel.

Les résultats d'entreprises resteront au centre de l'attention tout au long de la semaine avec une avalanche de publications attendues aux Etats-Unis comme en Europe.

Plus de 180 sociétés du S&P 500 publieront leurs comptes dans les prochains jours, dont les géants de la tech Alphabet, Facebook, Intel et Microsoft.

A Paris, Michelin et Unibail-Rodamco publient lundi soir leurs chiffres trimestriels.

(Édité par Véronique Tison)


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