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Larcher propose une "convention nationale" de la droite en octobre

Larcher propose une "convention nationale" de la droite en octobre
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Le président Les Républicains (LR) du Sénat, Gérard Larcher, a proposé mardi la tenue en octobre d'une "convention nationale" de la droite et du centre à l'issue d'une réunion des caciques de son camp après la déroute aux élections européennes et la démission de leur président, Laurent Wauquiez.

"Nous voulons nous rassembler dans notre diversité pour proposer une grande alternative aux Français", a dit le président du Sénat devant la presse à sa sortie de la réunion organisée, notamment entouré de Valérie Pécresse, la présidente LR de la région Ile-de-France et du président de l'Assemblée des Départements de France, Dominique Bussereau.

Des conventions "régionales, départementales et locales" se tiendront ce mois-ci, a aussi précisé Gérard Larcher, qui avait convié dans un hôtel parisien les principaux dirigeants de LR, les présidents de groupe de l'Assemblée et du Sénat, d'associations d'élus et des responsables de collectivités territoriales. Mais pas le maire de Nice, Christian Estrosi.

"Si ma famille ne m'impose pas des choses contre nature par rapport à mes valeurs, je n'ai pas de raison de faire preuve de déloyauté", a déclaré ce dernier à BFM TV, à l'heure où nombre d'élus et électeurs de LR sont tentés soit de rallier La République en Marche (LaRem) d'Emmanuel Macron, soit le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen.

Mais il entend que les dirigeants de LR acceptent que le renouveau parte des territoires, modifient et ouvrent la ligne politique du parti, rompent "avec l'idée qu'il faut faire route tout seul" et admettent l'idée de soutenir les réformes d'Emmanuel Macron s'ils les jugent bonnes, refusent l'émergence du RN et de l'extrême droite à leur niveau actuel.

Selon le vice-président délégué de LR, Jean Leonetti, qui assure l'intérim à la tête du parti, il faudra des mois avant de le remettre sur les rails et d'élire un nouveau président - pas avant septembre-octobre, a-t-il déclaré sur France 2.

Pas question d'ici là de mettre sur pied une direction collégiale, a-t-il cependant averti : "On ne sait plus qui fait quoi" et "ça a fini dans la confusion".

Le 26 mai, la liste conduite par le jeune enseignant en philosophie conservateur François-Xavier Bellamy a obtenu 8,48% des suffrages, score historiquement bas pour ce parti qui a souvent été au pouvoir, sous ses différents avatars, jusqu'en 2012.

SECTARISME

Ce score ne permettra à LR, héritier du RPR et de l'UMP, d'occuper que huit sièges dans le prochain Parlement européen et place ce qui fut le principal parti de la droite française en quatrième position, loin derrière le Rassemblement national (RN), le parti de la majorité présidentielle La République en marche (LaRem) et Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

Pour Christian Estrosi, cet échec vient notamment de ce que "l'on s'est trompé d'adversaire" en estimant que "l'adversaire, c'était le président de la République" - "C'est ce sectarisme-là qui a été sanctionné", a-t-il ajouté.

Un point de vue que n'est pas loin de partager Jean Leonetti : "Aujourd'hui, on est sur des thématiques qui sont peut-être trop étroites pour rassembler l'ensemble des Français et redonner la confiance", a-t-il déclaré à France 2.

Laurent Wauquiez avait d'abord écarté l'hypothèse d'une démission, avant de jeter l'éponge dimanche soir.

"J'ai essayé de mettre les bonnes volontés autour de la table, j'ai regardé si c'était possible. Mais j'ai vu le danger du retour de la guerre des chefs, le désir de revanche", dit-il dans une interview publiée mardi par Le Figaro.

Il refuse cependant de renier la campagne très conservatrice qu'il a faite avec François-Xavier Bellamy pour ne pas ajouté à la défaite "le déshonneur du reniement".

Il admet cependant que ne pas avoir parlé du tout d'écologie pendant cette campagne a été "une erreur" et appelle la droite à se "saisir rapidement" de ce thème.

Il se veut optimiste sur la reconstruction de la droite. Mais si elle "se conçoit comme un supplétif d'En marche, soit en créant un grand parti mou de centre droit, soit en cédant aux sirènes des extrêmes et en courant derrière le RN, alors elle sera morte", ajoute Laurent Wauquiez.

"Si on n'a pas compris (que) l'ordre du jour était non à la guerre des chefs mais à la guerre des idées (...), alors à ce moment-là on continuera notre déclin", renchérit Jean Leonetti.

(Emmanuel Jarry et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)


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