»
»
»
Consultation

La Ville de Paris tente d'enrayer le phénomène des rixes

La Ville de Paris tente d'enrayer le phénomène des rixes
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - La maire Anne Hidalgo, le procureur de la République, le préfet de police et le recteur d'académie de Paris ont lancé mercredi des états généraux sur le phénomène des rixes entre bandes de jeunes, qui augmente à un rythme préoccupant dans la capitale.

Ces institutions veulent associer à la lutte contre ce phénomène les familles, le monde associatif, l'éducation, les éducateurs de rue et les services sociaux, dont des représentants étaient réunis mercredi à l'hôtel de ville.

Selon l'adjointe au maire chargée des questions de sécurité, Colombe Brossel, l'objectif est de présenter début 2019 une "stratégie parisienne de prévention des rixes".

Le phénomène des affrontements entre bandes dans l'espace public connaît une forte recrudescence à Paris depuis début 2016 et a coûté depuis lors la vie à sept jeunes, dont quatre pour la seule année 2017. Un phénomène qui touche au moins une douzaine d'arrondissements parisiens, selon le procureur François Molins.

"Le nombre de rixes augmente. On en a dénombré, depuis qu'on a commencé à regarder le phénomène début 2016, plus de 250", précise Colombe Brossel. "Ces rixes concernent tout Paris et des adolescents de plus en plus jeunes, avec une place importante pour des ados qui ont entre 13 et 15 ans."

Le phénomène laisse perplexe et, jusqu'ici, relativement impuissants, les pouvoirs publics.

"Il y avait eu une situation relativement grave au début des années 2010, ça s'était calmé, puis c'est reparti en 2016", a dit François Molins à des journalistes en marge de la réunion.

"Le phénomène est extrêmement complexe", souligne-t-il. "Je ne l'explique pas. Pour moi, on est totalement dans l'irrationnel (...) On parle de bandes mais ce sont plus des logiques de territoires, en réalité."

Selon Colombe Brossel, l'un des éléments nouveaux est le rôle des réseaux sociaux, notamment dans la préparation et l'organisation des rassemblements.

"On peut avoir des rixes entre des groupes de cinq ados comme on peut avoir des rixes entre des groupes de 50, 60, voire 80 jeunes gens dans l'espace public", ajoute-t-elle.

Selon elle, 150 jeunes gens, principalement des mineurs, ont été identifiés par les services de police depuis début 2016.

"On suit aujourd'hui 130 cas individuels de jeunes avec les services sociaux", précise pour sa part François Molins.

Désormais, tout affrontement sera signalé aux services sociaux, avec les noms de tous les participants identifiés, auteurs ou victimes, pour permettre aux services sociaux d'intervenir et d'aider notamment des parents souvent dépassés à restaurer leur autorité, explique-t-il.

(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)


click here for restriction
©2018 Reuters

Reuters

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com