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La valeur d'Universal Music dépasse 40 milliards de dollars, selon Puyfontaine

La valeur d'Universal Music dépasse 40 milliards de dollars, selon Puyfontaine

Crédit photo © Reuters

par Mathieu Rosemain et Sophie Sassard

BARCELONE/LONDRES (Reuters) - Universal Music Group (UMG) pourrait valoir plus de 40 milliards de dollars (34 milliards d'euros environ), a estimé vendredi le président du directoire de sa maison-mère, Vivendi, dont l'action monte en Bourse au lendemain de résultats trimestriels soutenus par la dynamique de son pôle musique.

Le groupe de médias et de divertissement a laissé entendre qu'il pourrait introduire en Bourse la première maison de disques mondiale, ce qui a soutenu le titre malgré des inquiétudes sur ses investissements en Italie.

Vivendi s'adjuge 4,34% à 22,6 euros vers 17h20 après avoir reculé en début de séance, ses résultats trimestriels, bien qu'inférieurs aux attentes, ayant bénéficié de solides tendances chez UMG et de signes de reprise pour Canal+.

Interrogé sur la valorisation d'UMG lors de la conférence annuelle sur les télécoms, les médias et la technologie (TMT) de Morgan Stanley à Barcelone, Arnaud de Puyfontaine, président du directoire de Vivendi, a dit avoir eu connaissance cette semaine d'une estimation de 40 milliards de dollars.

"Je ne mettrais pas un chiffre, mais je pense que ce chiffre est plus haut que le chiffre le plus haut actuellement exprimé sur les marchés", a-t-il expliqué.

Prié de dire si UMG valait plus que 40 milliards de dollars, il a en outre répondu par l'affirmative.

En avril, le secrétaire général de Vivendi, Frédéric Crépin, avait déclaré que les estimations données par les banques proposant une cotation d'UMG en Bourse avaient valorisé la division à un maximum de 20 milliards d'euros.

UMG bénéfice d'un solide potentiel de croissance en tant que leader d'un marché dominé par trois grandes maisons de disques qui récupèrent la plus grande partie des recettes du streaming et Louis Citroën, analyste au sein du cabinet indépendant Arete Research, valorise actuellement la division à 18 milliards d'euros.

L'appréciation d'UMG - qui a noué un partenariat avec la société de streaming musical Spotify - nourrit les spéculations prêtant l'intention à Vincent Bolloré, le président et actionnaire de contrôle de Vivendi, de céder une participation minoritaire dans sa division musicale.

"C'est une option", a répondu Arnaud de Puyfontaine à une question à ce sujet. "Nous ne travaillons pas pro-activement à cette option."

Vivendi a accumulé des participations dans Telecom Italia, MediaSet et l'éditeur de jeux vidéo Ubisoft, et a racheté le groupe publicitaire Havas cette année.

L'action de Vivendi a repris environ 25% cette année, à contre-tendance de l'indice STOXX européen des médias et de l'édition, en baisse de l'ordre de 6%.

DES ÉVALUATIONS ARDUES

Le bénéfice opérationnel ajusté (Ebita) d'UMG a bondi de 25,5% sur les neuf premiers mois de l'année à changes et périmètre constants, à 442 millions d'euros, tiré par une hausse du chiffre d'affaires.

Mais cela ne pourrait pas justifier en soi des valorisations aussi élevées, estime Mark Mulligan, analyste spécialisé dans la musique chez MIDIA.

"Les méthodes traditionnelles de valorisation des maisons de disque deviennent moins utiles", souligne-t-il. "En particulier la valeur du catalogue qui devient moins précieuse au fur et à mesure que s'éloigne l'âge d'or des albums à succès d'un artiste ou des rééditions de classiques."

L'intérêt d'une éventuelle cotation en Bourse d'UMG intervient alors que les investisseurs essaient d'évaluer les principaux bénéficiaires de la numérisation des produits musicaux que sont les distributeurs comme Spotify ou les détenteurs de droits comme UMG.

Spotify prépare un projet d'introduction en Bourse, attendu d'ici la fin de l'année, ce qui permettrait de réaliser l'opération elle-même au 1er trimestre 2018, ont déclaré des sources à Reuters.

Le groupe devrait être valorisé entre 16 et 20 milliards de dollars lors de sa mise sur le marché, avaient estimé des sources en septembre.

(Mathieu Rosemain, Benjamin Mallet et Cyril Altmeyer pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot)


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