La Turquie va discuter avec la Suède et la Finlande de leur adhésion à l'Otan

La Turquie va discuter avec la Suède et la Finlande de leur adhésion à l'Otan

par Sabine Siebold et John Irish

BERLIN, 14 mai (Reuters) - Les ministres des Affaires étrangères de Finlande, de Suède et de Turquie vont tenir des pourparlers à Berlin samedi pour tenter de résoudre les désaccords relatifs aux projets finlandais et suédois d'adhésion à l'Otan, alors que l'alliance se réunit sur fond de guerre en Ukraine.

Les États nordiques se préparent à demander leur adhésion à l'alliance transatlantique de 30 membres en réponse à ce qu'ils considèrent comme un contexte de sécurité fondamentalement modifié par l'invasion russe de l'Ukraine. Ce projet suscite des menaces de représailles de la part Moscou et des objections de la Turquie, membre de l'Otan.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a déclaré à des journalistes à son arrivée à Berlin qu'il était "inacceptable et scandaleux" que de nouveaux membres potentiels de l'OTAN apportent leur soutien au groupe militant kurde du PKK, compliquant potentiellement l'élargissement de l'alliance.

"Le problème est que ces deux pays soutiennent et s'engagent ouvertement avec le PKK et les YPG. Ce sont des organisations terroristes qui attaquent nos troupes tous les jours", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il s'entretiendrait avec ses homologues suédois et finlandais samedi soir.

"Une grande majorité du peuple turc est contre l'adhésion de ces pays (...) et nous demande de bloquer cette adhésion", a-t-il dit.

Le ministre finlandais des Affaires étrangères, Pekka Haavesto, s'est dit confiant quant à la possibilité qu'une solution soit trouvée tandis que la ministre suédoise des Affaires étrangères, Ann Linde, a déclaré à l'agence de presse suédoise TT qu'elle chercherait à dissiper tout malentendu.

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a promis aux deux pays nordiques un accueil chaleureux et une procédure d'adhésion rapide mais la Turquie a, de manière inattendue, freiné le processus.

Jens Stoltenberg, qui ne peut pas participer à la réunion de Berlin après avoir été testé positif au COVID, s'est entretenu par téléphone avec plusieurs ministres avant le début des pourparlers, parmi lesquels le secrétaire d'État américain Antony Blinken et les ministres des Affaires étrangères de Turquie, Finlande et Suède.

Le président turc Tayyip Erdogan avait déclaré vendredi qu'il ne pouvait pas soutenir les plans des pays nordiques étant donné qu'ils abritaient "de nombreuses organisations terroristes". Mais son porte-parole a dit à Reuters samedi que la Turquie n'avait pas fermé la porte à une entrée de la Suède et de la Finlande dans l'Otan.

Les membres de l'alliance étudieront des garanties de sécurité pour la Finlande et la Suède pendant la durée d'une période de ratification qui pourrait durer jusqu'à un an, au cours de laquelle les pays nordiques ne seraient pas encore protégés par l'article 5 de l'Otan garantissant qu'une attaque contre un allié est une attaque contre tous ses membres.

Ils évalueront également la situation militaire sur le terrain et leur aide à l'armée ukrainienne, tandis qu'une première ébauche du nouveau concept stratégique de l'Otan, sa doctrine militaire de base, sera discutée avant d'être potentiellement approuvée lors d'un sommet des dirigeants à Madrid, programmé fin juin.

"Je pense que le président (russe) Vladimir Poutine doit se regarder dans le miroir. Vous récoltez ce que vous semez", a déclaré la ministre canadienne des Affaires étrangères Melanie Joly, ajoutant qu'elle était convaincue qu'un consensus serait atteint pour que la Finlande et la Suède rejoignent l'alliance. (Reportage supplémentaire de Riham Alkoussa, Maria Sheahan et Alexander Ratz, version française Benjamin Mallet)

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