La socialiste Anne Hidalgo se lance dans la course à l'Elysée

La socialiste Anne Hidalgo se lance dans la course à l'Elysée
La socialiste Anne Hidalgo se lance dans la course à l'Elysée
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PARIS (Reuters) - Anne Hidalgo a officialisé dimanche sa candidature à l'élection présidentielle en s'engageant à "réinventer" le modèle républicain français qui "sous nos yeux se désintègre".

L'entrée en lice de la maire socialiste de Paris, qui s'ajoute à la liste déjà longue des candidatures à gauche, était attendue.

Anne Hidalgo, 62 ans, avait choisi Rouen, dernière demeure de Guillaume le Conquérant, ville industrielle qui épousa les soubresauts de l'Histoire de France, avec l'intention de se détacher d'une image "parisianiste". L'édile dirige la capitale depuis 2014.

Née en Espagne, arrivée en France à l'âge de deux ans, elle a mis en avant lors d'un discours très orchestré ses origines populaires, son histoire personnelle, et sa foi en la devise de la République "Liberté, Egalité, Fraternité". "Quelle belle promesse!"

"Humblement, consciente de la gravité de cet instant et pour faire de nos espoirs la réalité de nos vies, j'ai décidé d'être candidate à la présidence de la République française", a-t-elle lancé sous les applaudissements de ses partisans.

Sans jamais citer le président sortant Emmanuel Macron, elle a porté un jugement sévère sur le quinquennat qui s'achève.

"Pour cette France qui m'a donné ma chance (...) je suis inquiète", a souligné Anne Hidalgo, citant des libertés qui "se réduisent comme peau de chagrin", des inégalités qui "se creusent".

"Sous nos yeux, le modèle républicain se désintègre et avec lui des protections qu'il a bâties au fil de notre Histoire", a-t-elle déclaré.

"SOLUTIONS ÉCOLOGIQUES"

L'élue, qui a effectué un "tour de France" à la rencontre de citoyens qui "m'ont dit leur colère, leur tristesse, leurs rêves", a expliqué vouloir "mettre fin au mépris, à l'arrogance, au dédain, à la condescendance de ceux qui connaissent si mal nos vies".

Une critique envers Emmanuel Macron, qu'elle a implicitement accusé de nourrir "la défiance", d'avoir "divisé comme jamais" les Français, d'avoir "tourné le dos à l'écologie" et aggravé les inégalités sociales.

"Nous devons réinventer notre beau modèle français, fragilisé par ses crises multiples", a-t-elle martelé. "Nous devons rendre concrète la promesse républicaine, qui est une promesse de justice et de fraternité."

Pour se faire, elle a esquissé les grandes lignes d'un programme axé sur l'écologie et la réduction des inégalités sociales, programme qu'elle expose dans un livre, "Une femme française", à paraître mercredi.

Elle a promis un plan sur cinq ans pour décarboner l'économie et réindustrialiser la France. "Les solutions écologiques ne sont pas un renoncement."

"J'ouvrirai des négociations dans toutes les branches" en vue d'une augmentation des salaires. Elle s'est engagée à la création de "nouveaux métiers, de nouveaux emplois, grâce à l'écologie du soin, à une décentralisation aboutie".

Anne Hidalgo est créditée de 5% (en présence d'un candidat écologiste) à 13% des intentions de vote (en l'absence d'un candidat vert) dans les sondages pour le premier tour de la présidentielle.

La maire de Paris, qui bénéficie du soutien du premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, devra se soumettre à un vote des militants socialistes, qui ne devrait pas lui échapper.

(Sophie Louet)

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