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La réforme fiscale américaine ne passera pas cette année

La réforme fiscale américaine ne passera pas cette année

Crédit photo © Reuters

par Indradip Ghosh et Rahul Karunakar

BANGALORE (Reuters) - Les républicains ne parviendront pas à adopter une réforme fiscale cette année aux Etats-Unis, suivant l'avis d'une majorité d'économistes interrogés par Reuters qui, en tout état de cause, doutent que l'initiative stimule réellement l'économie.

La volonté du président Donald Trump d'alléger la fiscalité des entreprises a bien contribué à la hausse de Wall Street durant la plus grande partie de l'année mais le scepticisme à son encontre croît depuis deux semaines, comme en témoignent les fluctuations de la Bourse.

La Chambre des représentants a adopté jeudi un paquet de déductions fiscales qui alourdirait le déficit budgétaire de près de 1.500 milliards de dollars en l'espace de 10 ans. Le Sénat débat de sa propre version de la réforme, approuvée jeudi soir en commission.

Près des deux tiers de la soixantaine d'économistes qui ont répondu à une question annexe de l'enquête effectuée du 13 au 17 novembre ont dit qu'ils ne croyaient pas que le texte prendrait force de loi cette année.

"Nous pensons que, s'il est adopté l'an prochain, il sera sans doute moins ambitieux et plus porté sur des déductions momentanées que témoignant d'une réelle réforme", a dit Ajay Rajadhyaksha (Barclays).

En outre, arguent les économistes, les répercussions des baisses d'impôt seront sans doute minimes puisque les salaires n'augmentent pas et que le chômage est très bas.

Interrogés sur les besoins les plus pressants de l'économie américaine, les économistes ont mentionné en priorité les grands travaux, suivis, à égalité, d'un retour des Etats-Unis dans le Partenariat Trans-Pacifique et des réductions d'impôts.

L'enquête, faite auprès d'une centaine d'économistes, montre par ailleurs que la plupart d'entre eux ont revu à la hausse leur prévision à court terme pour l'économie américaine, pensant qu'elle croîtra à un rythme un peu supérieur au taux tendanciel de 2% durant les deux prochaines années, sans que l'inflation ne s'intensifie pour autant.

De fait, la plupart des économistes ne voient pas la mesure de l'inflation privilégiée par la Réserve fédérale, l'indice des prix PCE sous-jacent, atteindre son objectif de 2% avant le deuxième trimestre 2019.

Enfin, ils estiment que la Fed relèvera encore l'objectif des Fed funds d'un quart de point à 1,25%-1,50% en décembre et que deux autres hausses suivront en 2018, une de moins que ce qu'a laissé entendre la banque centrale.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Bertrand Boucey)


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