La Pologne utilise des canons à eau contre les migrants à la frontière biélorusse

La Pologne utilise des canons à eau contre les migrants à la frontière biélorusse
La Pologne utilise des canons à eau contre les migrants à la frontière biélorusse
Crédit photo © Reuters

par Pawel Florkiewicz et Joanna Plucinska

VARSOVIE (Reuters) - Les forces de sécurité polonaises ont fait usage mardi de canons à eau contre des migrants qui lançaient des pierres depuis la frontière biélorusse, où des milliers de personnes se sont massés dans une tentative de gagner le territoire de l'Union européenne, selon des images vidéo partagées mardi par les autorités polonaises.

La crise a conduit les Vingt-Sept à imposer lundi un nouveau train de sanctions contre Minsk, accusé de tenter de déstabiliser le bloc en faisant passer illégalement des migrants par la frontière polonaise.

Des images diffusées par un porte-parole du gouvernement polonais et le ministère de la Défense montrent une nouvelle escalade aux portes de l'UE, où les migrants se sont rassemblés la semaine dernière.

"Attention, attention, si vous ne suivez pas les ordres, la force sera utilisée contre vous", a prévenu un message diffusé par haut-parleur aux migrants qui lançaient des objets, selon les images diffusées par la télévision publique polonaise TVP.

Des migrants ont jeté des bouteilles et des rondins de bois sur les soldats polonais ainsi que sur la clôture de barbelés séparant les deux pays, et ont tenté de briser les clôtures avec des bâtons, selon des images partagées par le gouvernement polonais.

Le ministère polonais de l'Intérieur a déclaré qu'un policier avait été grièvement blessé au crâne par un objet lancé du côté biélorusse de la frontière et qu'il se trouvait à l'hôpital.

De son côté, le ministère polonais de la Défense a accusé sur Twitter les autorités biélorusses d'avoir fourni des grenades assourdissantes aux migrants pour les encourager à les lancer sur les soldats et gardes-frontières polonais.

"ISSUE PESSIMISTE"

Bruxelles accuse le régime d'Alexandre Loukachenko d'avoir délibérément alimenté la crise migratoire en réponse à des sanctions de l'UE contre le régime d'Alexandre Loukachenko depuis la répression violente des manifestations antigouvernementales organisées l'année dernière.

Minsk, proche allié de Vladimir Poutine, avec qui Loukachenko s'est entretenu mardi selon l'agence Belta, dément ces accusations.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président biélorusse ont eu lundi un entretien téléphonique lors duquel ils ont discuté de l'aide humanitaire aux réfugiés et migrants, le même jour ou Bruxelles a convenu de renforcer ses sanctions contre Minsk.

"Nous nous préparons à une issue pessimiste, à savoir que ce conflit pourrait s'étendre sur des mois", a averti le porte-parole du gouvernement polonais Piotr Muller lors d'une conférence de presse.

Selon les autorités polonaises, plus de 20.000 membres des forces de sécurité polonaises ont été déployés près du poste-frontière de la ville Kuznica, où environ 4.000 migrants se sont massés sans être, selon eux, autorisés à rentrer à Minsk par les autorités biélorusses.

L'Irak, pays d'origine d'une partie des migrants arrivés à la frontière de l'UE, prévoit un premier vol de rapatriement de ses ressortissants jeudi depuis Minsk. Environ 150 à 200 Iraquiens se trouvant déjà dans la capitale biélorusse se sont inscrits pour rentrer chez eux.

(Reportage Joanna Plucinska et Pawel Florkiewicz à Varsovie, Andrius Sytas à Vilnius, Charlotte Bruneau à Bagdad; version française Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)

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