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La "petite martyre de l’A10" identifiée 30 ans après

La "petite martyre de l’A10" identifiée 30 ans après

ORLÉANS (Reuters) - Trente ans après la mort d'une fillette dans des circonstances mystérieuses, ses parents ont été rattrapés par la justice grâce au progrès de la police scientifique et présentés à un juge d'instruction, a-t-on appris jeudi de sources judiciaires.

Le père et la mère, d'origine marocaine, âgés de 66 et 64 ans, arrêtés mardi et placés en garde à vue, se sont renvoyés la responsabilité de la mort de leur enfant, a dit lors d'une conférence de presse le procureur de la République de Blois(Loir-et-Cher).

Ils ont été mis en examen pour meurtre sur mineur de moins de 15 ans, recel de cadavre et violences volontaires habituelles sur mineurs de moins de 15 ans, a précisé Frédéric Chevallier.

Le corps tuméfié et sans vie d'Ynass, née le 3 juillet 1983 à Casablanca et troisième enfant d'une fratrie de trois soeurs et quatre frères, a été retrouvé au bord de l'autoroute A10 le 11 août 1987, non loin de Blois.

Malgré un appel à témoins d’une ampleur inégalée (65.000 écoles visitées sur tout le territoire), les gendarmes n’avaient pas réussi à l'époque à découvrir l’identité de celle qu’on a surnommée "la petite martyre de l’A 10".

En janvier 2007, le procureur de la République de Blois avait ouvert une nouvelle information judiciaire pour repousser la date de prescription.

Mais ce sont les progrès de la police scientifique en matière de prélèvements ADN qui ont surtout permis d'identifierune trace du frère d’Ynass, interpellé en 2016 dans le cadre d’une autre affaire, sur des objets portés par la fillette et de remonter jusqu'aux parents, a précisé le procureur, qui a rendu hommage au "travail colossal" des enquêteurs et des gendarmes.

Pendant leur interrogatoire, les parents, séparés depuis 2010, se sont accusés mutuellement de violences, a expliqué Frédéric Chevallier.

"Le papa a expliqué qu'il a vécu un enfer avec son épouse, que celle-ci était violente à son égard comme à l'égard des trois filles, qu'il avait peur de sa femme, qu'il vivait sous sa domination et que lorsque le 10 août il est rentré chez lui, il a constaté le corps sans vie de sa petite fille", a-t-il dit.

La mère a commencé par dire qu'elle n'avait pas souvenir de ce qu'il s'était passé et que sa fille n'était pas morte.

Puis, lors de son interrogatoire par le juge d'instruction, elle a dit "qu'elle était elle-même victime de violences de la part de son époux, qu'elle pouvait être par moments violente à l'égard d'Ynass mais qu'elle n'était pas impliquée dans la mort de cette dernière", a ajouté le procureur.

C'est en partant en vacances au Maroc avec les deux grandes soeurs et le premier né de leurs garçons, alors qu'ils vivaient en région parisienne, que les parents se sont débarrassé du corps d'Ynass au bord de l'A10, a-t-il précisé.

(Mourad Guichard et Emmanuel Jarry, édité par Elizabeth Pineau)


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