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La nouvelle équipe gouvernementale se fait toujours attendre

La nouvelle équipe gouvernementale se fait toujours attendre
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - La composition du nouveau gouvernement, présentée comme imminente et censée donner un nouvel élan au quinquennat d'Emmanuel Macron, ne sera pas dévoilée ce mardi soir, a annoncé l'entourage du chef de l'Etat.

Le remaniement, provoqué par le départ du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, se fera sans démission du Premier ministre ni du gouvernement, a-t-on précisé, écartant cette option à la tonalité politique évoquée par des sources au sein de la majorité ces derniers jours.

L'Elysée, qui n'a donné aucune indication sur la date à laquelle la nouvelle équipe gouvernementale serait annoncée, a confirmé dans la soirée la tenue du conseil des ministres, mercredi à 10h00, avant le départ dans l'après-midi d'Emmanuel Macron pour l'Arménie.

La semaine dernière, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait estimé que la nomination du successeur du "premier flic de France", dont l'intérim est assuré par le Premier ministre Edouard Philippe, serait "une affaire de quelques jours".

Cette incertitude a alimenté mardi les critiques de l'opposition, notamment dans les rangs des Républicains où Damien Abad a raillé des "hésitations" et des "tergiversations pour pas grand'chose".

"Parce qu'à l'arrivée, ce qu'on remaniera, c'est ni la popularité de l'exécutif, ni la trajectoire qui a été faite par ce gouvernement et ce président", a estimé le député de l'Ain.

"AUCUNE FÉBRILITÉ"

Interpellant Edouard Philippe lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le chef de file des députés LR, Christian Jacob, a renchéri en fustigeant "l'étroitesse, pour ne pas dire le vide de l'assise politique" de la majorité.

"Quand les premiers soutiens n'y croient plus, c'est la Bérézina annoncée", a-t-il déclaré, en référence au départ de Gérard Collomb, soutien de la première heure d'Emmanuel Macron, qui a quitté la place Beauvau pour briguer la mairie de Lyon lors des municipales de 2020.

"Il n'y a dans cette majorité et dans ce gouvernement aucune fébrilité, aucune impatience", a répliqué Edouard Philippe, pris par surprise il y a une semaine dans ce même hémicycle par les confidences médiatiques de Gérard Collomb sur sa volonté de démissionner malgré un refus du chef de l'Etat.

"Il y a la volonté de tenir les engagements qui ont été pris par le président de la République, la volonté d'assurer la sécurité des Français", a ajouté le chef du gouvernement, reçu dans la matinée pendant une heure et demie par Emmanuel Macron à l'Elysée.

Selon une source au sein de La République en Marche (LaRem), le retard pris dans la formation du gouvernement s'expliquait en partie par la volonté de l'exécutif de voir la loi Pacte votée en première lecture ce mardi à l'Assemblée.

Interrogé sur ce délai, Gilles Le Gendre, président du groupe LaRem à l'Assemblée, s'est dit "totalement serein et confiant."

"IL Y A DES BONHEURS QUI S'ÉTERNISENT"

"Ce n'est pas parce que c'est long que c'est douloureux. Il y a des bonheurs qui s'éternisent, vous savez", a-t-il déclaré. "Je sais parfaitement où nous allons, je sais parfaitement pourquoi."

La composition de la nouvelle équipe s'annonce complexe pour l'exécutif qui a vu en l'espace de 17 mois partir des figures du MoDem (centre) comme François Bayrou, Sylvie Goulard ou Marielle de Sarnez, de la société civile avec Laura Flessel ou Nicolas Hulot, dont la démission surprise fin août a ébranlé un Emmanuel Macron à peine remis de l'affaire Benalla.

Plusieurs noms de potentiels entrants, dont ceux de Marc Fesneau (MoDem), Frédéric Péchenard, Jean Castex, proches de Nicolas Sarkozy, ou du procureur de Paris François Molins, ont circulé tout au long du week-end. Egalement cité, l'ancien premier adjoint de la maire de Paris Anne Hidalgo, Bruno Julliard, a assuré mardi à L'Obs que la question ne s'était "pas posée, ni pour moi ni pour l'Elysée".

Approché, le président socialiste du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle et ex-porte-parole de Manuel Valls pendant la campagne présidentielle de 2017, Mathieu Klein, a pour sa part fait savoir qu'il ne ferait "pas partie du prochain gouvernement" tout en souhaitant "qu'il réussisse à faire reculer la pauvreté".

(Marine Pennetier, Jean-Baptiste Vey et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)


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