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La nomination de Harlem Désir, une offense à l'Europe pour l'UMP

La nomination de Harlem Désir, une offense à l'Europe pour l'UMP
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - La gauche défend jeudi la nomination de Harlem Désir aux Affaires européennes malgré son échec au Parti socialiste, tandis que la droite dénonce une "offense à l'Europe".

L'ex-premier secrétaire du PS, nommé mercredi secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, sera remplacé à la tête de la formation majoritaire par Jean-Christophe Cambadélis, son ancien rival de 2012 pour la direction du parti.

Ce changement, qui vise à permettre une remise en ordre du PS après la déroute subie par la majorité aux élections municipales, a suscité des commentaires acerbes dans la classe politique, y compris à gauche.

Jean-Christophe Cambadélis, qui sera intronisé mardi prochain lors d'un conseil national du PS, a reconnu jeudi qu'Harlem Désir n'avait "pas réussi" au PS, mais a dit trouver "excessi(ves)" les critiques relatives à sa nomination.

"On peut avoir échoué dans une responsabilité en fonction de données particulières et réussir" ailleurs, a-t-il dit sur RTL.

"Il a participé d'une situation qui a conduit à notre échec, il le reconnaît, le Premier ministre fait appel à lui, ça ne me parait pas anormal vu sa qualification dans le domaine", a-t-il ajouté, évoquant "sa passion pour l'Europe".

Harlem Désir est député européen depuis 1999, réélu en 2004 et 2009 dans la circonscription de l'Ile-de-France.

La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a également défendu sa nomination au sein du gouvernement comme un "bon" choix.

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Mais la droite tire à boulets rouges contre cette décision.

"C'est pas une nomination, c'est une exfiltration", a déclaré jeudi sur France 2 la conseillère UMP de Paris Nathalie Kosciusko-Morizet. "C'est une offense faite à l'Europe."

Un sentiment partagé par le député UMP Laurent Wauquiez, qui a dit voir dans la promotion de Harlem Désir "le symbole d'un pouvoir politique qui a renoncé à changer l'Europe."

"On met quelqu'un qu'on considère comme pas suffisamment compétent pour s'occuper du Parti socialiste et l'endroit où le recycler, c'est l'Europe", a-t-il déploré sur BFM TV et RMC.

Tout en renforçant son dispositif européen au sommet de l'Etat, la France a envoyé mercredi un signal contradictoire à l'union avec la nomination de Harlem Désir, à un poste où il succède à Thierry Repentin, qui confessait n'avoir aucune compétence pour les dossiers bruxellois.

Pour l'UMP Michel Barnier, commissaire européen au Marché intérieur, les changements fréquents de ministres en charge des affaires européennes pénalise la France.

"Depuis quatre ans que je suis commissaire européen à Bruxelles, j'ai vu six ministres des Affaires européennes français", a-t-il dit sur Europe 1. "L'influence française, sa capacité à agir, à convaincre, dépend de deux choses : des ministres qui durent, qui ont du temps pour connaître les autres, pour les respecter, pour les écouter, et aussi des ministres qui évitent d'invectiver Bruxelles."

(Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)


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