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La mobilisation des "Gilets jaunes" faiblit, tensions en province

La mobilisation des "Gilets jaunes" faiblit, tensions en province
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Le mouvement des "Gilets jaunes" s'est poursuivi samedi pour le septième week-end consécutif, avec une mobilisation en net recul à Paris mais des points de tension persistants en province, notamment à Bordeaux, Toulouse et Nantes.

La préfecture de police a fait état de 800 personnes à Paris "réparties dans plusieurs cortèges erratiques". Elle annonçait 57 interpellations, dont 33 gardes à vue, à 18h00 (17h00 GMT). Les estimations des autorités sont les seules disponibles en l'absence de décompte des participants.

Le ministère de l'Intérieur n'avait pour l'heure pas communiqué d'estimation nationale. La chaîne de télévision LCI avance le nombre de 12.000 manifestants en France.

Le gouvernement avait recensé quelque 38.600 personnes le 22 décembre dans le pays, 66.000 une semaine avant et 282.000 le premier jour de la mobilisation, le 17 novembre.

Plusieurs centaines de manifestants avaient répondu ce samedi aux appels au rassemblement pour réclamer notamment une revalorisation de leur pouvoir d'achat et l'organisation d'un référendum d'initiative citoyenne.

Cible principale des slogans, Emmanuel Macron, en congé dans le sud de la France, devait s'adresser lundi soir aux Français pour les traditionnels voeux radio-télévisés à la Nation.

L'exécutif a répondu aux revendications diverses des "Gilets jaunes", mouvement qui s'est cristallisé à ses prémices autour de la hausse des prix des carburants, en annonçant le 10 décembre pour quelque dix milliards de mesures et l'ouverture d'un "grand débat national" à partir de la mi-janvier.

CIRCULATION INTERROMPUE SUR LES CHAMPS-ELYSÉES

Nombre de "Gilets jaunes" jugent la réponse insuffisante et entendent relancer la dynamique à la faveur du nouvel an.

"Il peut y avoir une démobilisation sur le terrain, mais en aucun cas une baisse de la motivation", a déclaré sur BFM TV Alain Bouché, "Gilet jaune" des Yvelines.

A Paris, coeur symbolique de la contestation, plusieurs centaines de "Gilets jaunes" s'étaient donné rendez-vous dans le XVe arrondissement pour manifester devant le siège de plusieurs médias, BFM TV et France Télévisions notamment, aux cris pour certains de "Journalistes collabos!"

Plusieurs voitures ont brûlé devant les bureaux des quotidiens Le Parisien et Les Echos, dans le même arrondissement, en début de soirée. On ignore à ce stade si l'origine du sinistre est accidentelle ou criminelle. "Le feu est maîtrisé. Une enquête est en cours pour en determiner les causes", a déclaré à 20h00 sur Twitter le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner.

"S'attaquer à la presse procède de la haine des libertés", avait auparavant réagi sur Twitter le président de l'Assemblée Richard Ferrand (La République en Marche).

Un rassemblement s'est déroulé dans le calme place de la République, où une urne avait été installée en vue d'une "consultation citoyenne". Sur les Champs-Elysées, où les forces de l'ordre s'étaient déployées en nombre, la circulation automobile a été interrompue temporairement en fin d'après-midi après que des manifestants se sont déplacés sur la chaussée, mais la tension était bien en deçà de celle observée lors des week-ends précédents.

A contrario, des incidents ont éclaté dans le centre de Bordeaux où des affrontements ont opposé des manifestants aux forces de l'ordre qui ont fait usage de flashballs, gaz lacrymogène et lances à eau, selon un correspondant de Reuters.

Des barricades, dont au moins une en feu, ont été érigées, des vitrines dégradées, des feux ont été allumés avec du matériel de chantier. La préfecture faisait état à 15h30 de 2.400 manifestants.

A Rouen (Seine-Maritime), des manifestants ont incendié la porte d'enceinte de la Banque de France, a rapporté la police, qui a signalé également des feux de poubelles et des barricades.

VIOLENCES À TOULOUSE

Des échauffourées également à Toulouse (Haute-Garonne), où la préfecture a dénombré 1.350 manifestants "dont 700 gilets jaunes pacifiques et 650 profils violents" en divers sites. Au total, 21 personnes ont été interpellées « en possession d’armes de différentes catégories, pour des dégradations sur l’espace public ou pour des incendies de poubelles". Trois personnes ont été blessées et les vitrines de deux établissements bancaires ont été dégradées, ajoute la préfecture.

Selon des secouristes bénévoles, un jeune homme a eu l'oeil crevé par un tir de flashball. Les pompiers, contactés par Reuters, ont confirmé avoir transféré à l'hôpital un manifestant gravement blessé à l'oeil.

Des heurts ont également éclaté à Nantes (Loire-Atlantique) où la préfecture fait état de cinq blessés dont deux parmi les forces de l'ordre.

A Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, département assez fortement mobilisé depuis le début du mouvement, la manifestation a réuni samedi matin dans le calme un millier de personnes, contre 2.000 la semaine dernière.

A Montpellier (Hérault), environ 500 personnes ont manifesté selon la préfecture. Les voies de la gare Saint-Roch ont été occupées à deux reprises et quelques incidents ont éclaté avec les forces de l'ordre, qui font état de cinq blessés légers parmi les manifestants et trois interpellations. A Béziers, 500 motards ont défilé avec une centaine de "Gilets jaunes", sans incident majeur.

A Marseille, la préfecture de police a dénombré 900 "Gilets jaunes". Quelque 260 manifestants étaient recensés dans le reste des Bouches-du-Rhône, département dans lequel sont intervenues sept interpellations. Dans le Var, une douzaine de rassemblements étaient signalés, avec un barrage au péage de Bandol dans le sens Toulon-Marseille sur l'autoroute A50.

Vinci Autoroutes faisait état de difficultés de circulation également sur l'A7, l'A9 et l'A10 et l'A20.

Dans l'Aude, quelque 500 manifestants, rassemblés en début d'après-midi dans le centre de Narbonne, ont ensuite envahi l'autoroute A9 au niveau du péage de Narbonne-Sud, a indiqué la préfecture. Le blocage a pris fin vers 17h45.

(Sophie Louet avec Johanna Decorse à Toulouse, Catherine Lagrange à Lyon, Jean-Yves Saint-Céran à Bordeaux, Marc Leras à Marseille)


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