La menace du reconfinement plombe le moral des investisseurs

La menace du reconfinement plombe le moral des investisseurs
La menace du reconfinement plombe le moral des investisseurs
Crédit photo © Reuters

par Marc Angrand

(Reuters) - Wall Street est attendue en ordre dispersé vendredi et loin des niveaux espérés en début de journée tandis que les Bourses européennes reculent à mi-séance après l'annonce d'un confinement général en Autriche et l'évocation d'une mesure du même ordre en Allemagne face à la nouvelle vague de la pandémie de COVID-19.

Les contrats à terme sur les principaux indices new-yorkais préfigurent un repli de 0,56% pour le Dow Jones et de 0,19% pour le Standard & Poor's 500 mais une hausse de 0,39% pour le Nasdaq, les valeurs technologiques gardant les faveurs des investisseurs.

À Paris, le CAC 40, qui avait inscrit en début de matinée un record à 7.183,08 points, perd 0,66% à 7.094,87 à 12h05 GMT. À Londres, le FTSE 100 cède 0,6% et à Francfort, le Dax recule de 0,26%.

L'indice EuroStoxx 50 est en baisse de 0,71%, le FTSEurofirst 300 de 0,28% et le Stoxx 600 de 0,29%.

Ce dernier progressait pourtant à l'ouverture et il a pris jusqu'à 0,43% mais la tendance s'est inversée après l'annonce par le gouvernement autrichien de l'entrée en vigueur dès lundi d'un confinement général qui pourrait durer 20 jours.

"L'Allemagne connaissant une tendance similaire, la question est maintenant de savoir si la plus grande économie de la région va suivre la même voie. Son ministre de la Santé, Jens Spahn, a laissé entendre aujourd'hui que rien ne peut être exclu et qu'il y a urgence nationale", explique Craig Erlam analyste senior d'Oanda.

Ce regain d'inquiétude sur le front sanitaire a en grande partie éclipsé les dernières déclarations de Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), soulignant qu'un resserrement de la politique monétaire dans le contexte actuel risquerait de compromettre la reprise économique.

TAUX

L'accès soudain d'aversion au risque déclenché par les déclarations autrichiennes et allemandes se traduit par un repli sur les actifs jugés les plus sûrs, parmi lesquels les emprunts d'Etat, avec à la clé une forte baisse des rendements: elle approche six points de base pour celui du Bund allemand à dix ans, revenu à -0,336%, son plus bas niveau depuis le 21 septembre.

Le mouvement est à peine moins marqué sur le marché obligataire américain: à 1,5309%, le rendement des bons du Trésor à dix ans perd plus de cinq points.

Le marché surveillera au cours de la séance américaine les interventions de Christopher Waller, l'un des gouverneurs de la Réserve fédérale, à 15h45 GMT, puis du vice-président de celle-ci, Richard Clarida, à 17h15 GMT.

VALEURS EN EUROPE

Le repli sectoriel le plus marqué du jour en Europe est pour le secteur bancaire européen, qui souffre à la fois de son exposition à la conjoncture et de l'impact de la baisse des rendements obligataires.

À Paris, BNP Paribas abandonne 3,93%, Société générale 2,84% et Crédit agricole 2,2% tandis qu'à Francfort, Deutsche Bank chute de 5,01% et qu'à Vienne, Erste Bank cède 3,44%.

Le reconfinement autrichien pénalise aussi le compartiment automobile (-1,74%) et celui du transport et des loisirs (-1,70%). Le spécialiste des magasins d'aéroports Dufry perd 5,97%, la plus forte baisse du Stoxx 600.

A l'opposé, le secteur de la santé progresse de 0,93%.

Les technologiques (+0,31%)sont elles aussi bien orientées après le record du Nasdaq.

CHANGES

Le reconfinement autrichien et les craintes sur l'Allemagne pénalisent aussi l'euro, qui se déprécie de 0,66% face au dollar à 1,1294.

La monnaie unique amplifie ainsi le mouvement de repli qui a dominé la quinzaine écoulée: elle affiche pour l'instant une baisse de 1,4% face au billet vert sur la semaine après -1% la semaine dernière.

Face au franc suisse, elle a touché un plus bas de plus de six ans.

Le dollar bénéficie logiquement de son statut de valeur refuge: l'indice qui mesure ses fluctuations face à un panier de référence est en hausse de 0,5%, non loin du plus haut de 16 mois touché mercredi.

PÉTROLE

Le retour de la situation sanitaire au tout premier plan des préoccupations des marchés plombe aussi le marché pétrolier en ravivant les doutes sur la reprise de la demande.

Le Brent chute de 3,26% à 78,59 dollars le baril, au plus bas depuis début octobre, et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 3,01% à 76,63 dollars.

L'un comme l'autre s'acheminent vers une quatrième baisse hebdomadaire consécutive.

(Version française Marc Angrand)

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