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La Haute Autorité de Santé défend sa stratégie de vaccination

La Haute Autorité de Santé défend sa stratégie de vaccination
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - La France doit maintenir sa stratégie consistant à vacciner en priorité les plus fragiles contre le nouveau coronavirus, a déclaré lundi la présidente de la Haute Autorité de Santé (HAS), alors que le gouvernement tente de désamorcer la controverse sur le démarrage poussif de la campagne de vaccination.

"On doit vacciner au plus vite ceux qui en ont le plus besoin", a dit Dominique Le Guludec sur BFM TV et RMC, rappelant que neuf cas mortels sur dix concernent des patients âgés de plus de 65 ans et qu'un tiers des décès se produit en Ehpad.

"Il faut garder son calme et garder les priorités", a-t-elle ajouté. "Si on vaccine beaucoup mais pas les bons, on va mettre des mois à diminuer les hospitalisations et les décès."

La France a entamé il y a une semaine sa campagne vaccinale contre le coronavirus en ciblant en priorité les résidents des Ehpad mais elle a pris beaucoup de retard par rapport à ses voisins européens, ce qui a suscité une vive polémique.

Face aux critiques, le gouvernement a décidé d'accélérer la campagne de vaccination avec le seul vaccin pour l'instant autorisé, celui de Pfizer et BioNTech, en la rendant possible dès ce lundi pour le personnel soignant de plus de 50 ans. Il prévoit également d'ouvrir des centres de vaccination en ville d'ici début février.

Emmanuel Macron, qui, selon le Journal du Dimanche, a fait part de son agacement ce week-end en raison de ce retard, a présidé une réunion sur le sujet dans l'après-midi, selon l'Elysée.

"La colère du président est dirigée vers tout le monde", a déclaré une source gouvernementale. "Il faut vraiment mettre en branle l'administration."

"On ne peut pas se permettre de foirer", a ajouté cette source. "Il y a un impératif de résultat qui fait qu'au final on va y arriver."

PLUSIEURS MILLIERS DE PERSONNES VACCINÉES LUNDI, DIT VÉRAN

Lors d'une visite à l'Hôtel-Dieu, à Paris, où il a assisté à la vaccination de membres du personnel de santé dans un centre ouvert samedi, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a déclaré que plusieurs milliers de personnes auraient été vaccinées dans la journée avec l'extension de la campagne au personnel soignant.

La France a passé dimanche le cap des 65.000 décès dus au COVID-19.

La présidente de la HAS a défendu le choix de ne pas mettre en place dans un premier temps des centres de vaccination.

"Envoyer les plus fragiles faire la queue dans des vaccinodromes n'a pas semblé être la meilleure solution", a expliqué Dominique Le Guludec.

La présidente de la HAS a dit penser que le vaccin développé par Moderna, dont le mode de conservation permet une logistique de déploiement plus simple que celui de Pfizer-BioNTech, pourrait "arriver cette semaine".

L'Agence européenne des médicaments (EMA) n'est pas parvenue ce lundi à prendre une décision au sujet de ce vaccin mais elle pourrait rendre son avis mercredi, ont annoncé les autorités sanitaires néerlandaises.

Concernant le vaccin d'AstraZeneca et de l'université d'Oxford, "le dossier n'est pas encore complet. Il manque encore des renseignements", a indiqué Dominique le Guludec.

"Nous préférons attendre 15 jours de plus s'il le faut mais avoir toutes les données sur l'efficacité et la sécurité", a-t-elle poursuivi, alors que le Royaume-Uni a commencé lundi à administrer la première dose de ce vaccin.

DÉLAIS ATTENDUS EN EHPAD

Pour Annabelle Vêques, présidente de la Fédération nationale des associations de directeurs d'établissements et services pour personnes (Fnadepa), ces délais étaient attendus.

"La France a fait le choix de prendre le temps de recueillir le consentement et de faire une consultation pré-vaccinale", a-t-elle dit à Reuters, précisant que cela nécessitait de contacter les médecins traitants de tous les résidents et d'organiser les rendez-vous des consultations médicales.

"Si le gouvernement avait dit :'Il faut vacciner tous les résidents des Ehpad', au lendemain de l'avis rendu par la Haute autorité de santé, on aurait dit :'Vous les vaccinez de force'", a-t-elle ajouté.

Odile Launay, infectiologue et membre du comité vaccin Covid-19, a admis lundi que la logistique d'acheminement du vaccin vers les Ehpad était compliquée et que le recueil du consentement des personnes de confiance pour les résidents dans l'incapacité de le donner eux-mêmes ralentissait le processus.

Elle estime toutefois qu'il ne faut pas juger la campagne vaccinale sur quelques jours.

"La semaine qui s'est passée est une semaine de mise en route du processus. Les choses vont s'accélérer", avec notamment la mise en place des centres de vaccination du personnel soignant dans les hôpitaux, a-t-elle ajouté sur LCI.

Pour Arnaud Fontanet, épidémiologiste et membre du Conseil scientifique, la "vraie échéance" se situe plutôt vers la fin mars. Entre cinq et dix millions de personnes devront être vaccinées à ce moment-là pour "avoir un impact sur la circulation du virus", a-t-il dit sur France info.

(Blandine Hénault, Nicolas Delame et Caroline Pailliez, avec Michel Rose, édité par Jean-Philippe Lefief et Bertrand Boucey)


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