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La hausse des tarifs d'EDF et Engie peut être étalée

La hausse des tarifs d'EDF et Engie peut être étalée
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - L'absence d'augmentation des tarifs réglementés de l'électricité et du gaz cet hiver annoncé mardi par Edouard Philippe ne devrait avoir qu'un impact marginal pour EDF et Engie, le gouvernement ayant la possibilité d'étaler les hausses prévues par la loi.

Les tarifs de l'électricité, qui intègrent notamment le coût de l'électricité nucléaire mais aussi les prix de marché, les coûts d'acheminement et les coûts de commercialisation, augmentent traditionnellement chaque année au coeur de l'été mais peuvent faire l'objet d'ajustements intermédiaires.

Alors que les concurrents d'EDF et des associations de consommateurs ont dit craindre une hausse de ces tarifs pouvant atteindre 10% l'an prochain, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) a ainsi fait savoir jeudi qu'elle proposerait au gouvernement au mois de février 2019 "une évolution (...) en vue d'un ajustement de début d'année".

Le gouvernement devrait toutefois pouvoir temporiser jusqu'à la fin de la période hivernale - Edouard Philippe a évoqué l'échéance du 1er mars - et ne se prononcer qu'au moment où la consommation d'électricité des ménages commencera à baisser sensiblement.

Reste à savoir si les concurrents d'EDF, qui subissent la hausse des prix de marché et doivent être en mesure de proposer des prix compétitifs par rapport aux tarifs réglementés, saisiront une nouvelle fois la justice pour contester les décisions gouvernementales alors même que l'exécutif a promis de réviser un cadre global de régulation de l'énergie qu'ils critiquent régulièrement.

A fin juin, les tarifs réglementés de l'électricité concernaient 25,9 millions de clients résidentiels.

Concernant les tarifs de gaz, le gouvernement peut en toute légalité opérer un lissage sur une période ne pouvant dépasser un an en cas de "circonstances exceptionnelles" de forte augmentation des prix des produits pétroliers ou des prix de marché du gaz naturel.

La CRE, après une diminution de ces tarifs de 2,4% pour les foyers se chauffant au gaz le 1er décembre, a en outre indiqué fin novembre que la tendance au 1er janvier était à la stabilité, voire à une légère baisse.

Les tarifs réglementés du gaz, qui sont fixés mensuellement depuis début 2013 et concernaient encore 4,5 millions de foyers français à fin juin, sont cependant appelés à disparaître d'ici à 2023 après une décision du Conseil d'Etat de 2017 les ayant jugés contraires au droit européen.

Les décisions de gel des tarifs du gaz ont elles aussi été régulièrement contestées en justice ces dernières années par les fournisseurs alternatifs, notamment au motif qu'elles protégeaient les parts de marché d'Engie, ce qui a abouti - comme pour l'électricité - à des hausses rétroactives.

EDF et Engie, dont les titres perdaient respectivement 1,06% et -1,39% à 14h35, n'ont pas souhaité commenté les annonces d'Edouard Philippe.

(Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot)


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