La France propose au Liban des mesures pour une trêve à la frontière avec Israël

La France propose au Liban des mesures pour une trêve à la frontière avec Israël

par Laila Bassam, Maya Gebeily et John Irish

BEYROUTH/PARIS, 13 février (Reuters) - La France a transmis au Liban une proposition écrite destinée à mettre fin aux affrontements avec Israël et à régler le différend frontalier entre les deux pays, montre un document que Reuters a pu consulter, dans lequel les combattants du Hezbollah sont appelés à se retirer à dix kilomètres de la frontière.

Cette proposition a pour but d'apaiser les tensions au Sud-Liban entre le Hezbollah, mouvement chiite aligné sur l'Iran, et l'armée israélienne, qui s'échangent des tirs quasi-quotidiennement depuis plus de quatre mois en marge de la guerre dans la bande de Gaza.

Il s'agit d'affrontements sans précédent depuis le conflit de 2006 entre les deux pays, alimentant les craintes d'une guerre élargie à l'échelle régionale.

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Le document, qui constitue la première proposition écrite transmise à Beyrouth depuis le début des efforts occidentaux de médiation, a été remis la semaine dernière à de hauts représentants libanais, dont le Premier ministre Najib Mikati, par le ministre français des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, a-t-on appris de quatre représentants libanais et de trois représentants français.

Afin d'éviter un conflit "risquant de devenir incontrôlable", le document fixe pour objectif de mettre en oeuvre un "potentiel cessez-le-feu" quand les conditions le permettront et, au bout du compte, d'engager des négociations sur la délimitation de la frontière terrestre entre le Liban et Israël - un point de contentieux entre les deux pays.

Interrogé sur cette proposition, un politicien du Hezbollah a réitéré la position du puissant mouvement libanais: toute négociation sur une désescalade pourra seulement avoir lieu lorsque cessera la guerre dans la bande de Gaza.

Le projet porté par Paris, similaire à des démarches entreprises par les Etats-Unis, prévoit trois étapes, avec en premier lieu un processus de désescalade pendant 10 jours puis, en épilogue, des négociations sur la frontière israélo-libanaise.

"MUTUALISER LES INITIATIVES"

Une source diplomatique française a indiqué que la proposition a été transmise aux gouvernements israélien et libanais ainsi qu'au Hezbollah.

"Nous avons fait des propositions", a déclaré lundi Stéphane Séjourné lors d'une conférence de presse. "Nous sommes en contact avec les Américains. C'est important que nous puissions mutualiser l'ensemble des initiatives" pour bâtir une paix au Proche-Orient, a-t-il ajouté.

La proposition prévoit l'arrêt de toutes les opérations militaires entre les groupes armés libanais et Israël, dont les frappes aériennes menées par Tsahal au Liban.

En marge de la guerre à Gaza, plusieurs milices, dont des factions palestiniennes, ont mené des attaques en direction d'Israël depuis le Sud-Liban. Toutefois le principal mouvement armé dans cette zone reste le Hezbollah, considéré comme plus puissant que l'armée nationale libanaise.

Aux termes du document transmis par Paris, les groupes armés libanais démantèleraient toutes leurs installations proches de la frontière avec Israël et procéderaient au retrait de leurs troupes d'au moins 10 kilomètres au nord de la frontière.

Cette distance serait inférieure à celle stipulée par une résolution des Nations unies adoptée pour mettre fin à la guerre de 2006 (retrait des combattants libanais à 30 kilomètres de la frontière).

Elle permettrait toutefois de contribuer à éviter que des roquettes puissent atteindre des villages du nord d'Israël, a déclaré un diplomate européen au fait de la proposition, soulignant qu'il s'agissait d'un compromis considéré comme plus acceptable pour le Hezbollah.

Des représentants français ont fait savoir à Beyrouth que le document n'était pas définitif, après que les autorités libanaises ont soulevé des objections à l'égard de certaines mesures proposées, a dit un haut représentant libanais.

Un représentant israélien a indiqué que la proposition avait été reçue et que le gouvernement en discutait. (Reportage de Laila Bassam et Maya Gebeily à Beyrouth, John Irish à Paris, avec Dan Williams à Jérusalem; version française Jean Terzian)

Reuters

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