La France et l'Allemagne dénoncent la publication par la Russie de lettres sur l'Ukraine

La France et l'Allemagne dénoncent la publication par la Russie de lettres sur l'Ukraine
La France et l'Allemagne dénoncent la publication par la Russie de lettres sur l'Ukraine
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PARIS (Reuters) -La France et l'Allemagne ont dénoncé jeudi la publication par la Russie de leur récente correspondance diplomatique au sujet de l'Ukraine, un nouvel accroc dans les relations tendues entre Moscou et les Occidentaux.

La France et l'Allemagne, d'un côté, et la Russie de l'autre s'accusent mutuellement de refuser de participer à une nouvelle réunion de négociations en format dit "Normandie" au sujet de l'Ukraine, en proie depuis 2014 à un mouvement armé de séparatistes prorusses dans l'est de son territoire.

Pour défendre sa position, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a publié mercredi une partie de sa récente correspondance avec ses homologues français Jean-Yves Le Drian et allemand Heiko Maas.

"Nous considérons cette démarche comme contraire aux règles et usages diplomatiques", a déclaré jeudi la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères Anne-Claire Legendre lors d'un point de presse. Le ministère allemand des Affaires étrangères a fait une déclaration similaire.

"Nous appelons la Russie à revenir à la table des négociations et à poursuivre les discussions dans les formats approuvés et selon les principes agréés", a ajouté la porte-parole du Quai d'Orsay.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a minimisé l'importance de la démarche russe, mais a souligné que cela ne changeait rien au fait que la réunion ne s'était pas tenue, ce qu'elle a regretté.

"La publication de cette correspondance n'a rien de surprenant, je lis souvent mes propres lettres dans les journaux. Nous n'avons rien à cacher", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse.

Angela Merkel a ajouté qu'elle avait proposé au président russe, Vladimir Poutine, d'organiser une autre réunion avant son départ de la chancellerie. Elle a regretté qu'il ne l'ait pas fait, expliquant que "les réunions ont leur propre dynamique", et permettaient de faire progresser des situations, même lorsqu'elles semblaient inextricables.

Le 4 novembre, dans une lettre adressée à Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian et son homologue allemand Heiko Maas ont déclaré que Moscou avait une vision de la situation que la France et l'Allemagne ne partageaient pas, reprochent notamment à la Russie de vouloir désormais désigner la situation en Ukraine comme un "conflit interne".

Selon deux diplomates européens, la publication de ces échanges par Moscou s'apparente à une tentative de semer la confusion mais démontre que la Russie s'est employée, en posant de nombreuses conditions préalables, à rendre impossible la tenue d'une réunion.

(Reportage John Irish, rédigé par Bertrand Boucey et Jean-Stéphane Brosse, édité par Sophie Louet)

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