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La France en contact avec les Etats-Unis pour défendre la BNP

La France en contact avec les Etats-Unis pour défendre la BNP
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Les autorités françaises ont envoyé des "éléments écrits" à l'administration américaine pour tenter d'épargner à BNP Paribas une sanction qu'elles jugent disproportionnée, a-t-on appris mercredi de source diplomatique à Paris.

François Hollande et Barack Obama se sont par ailleurs parlé au téléphone ces dernières semaines "sur divers sujets" dont celui de la BNP, dit-on de même source.

Les deux chefs d'Etat dîneront ensemble jeudi soir à Paris en marge de la commémoration du débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie.

Le dossier BNP "fait certainement partie des sujets qui méritent d'être abordés" par les deux présidents, a déclaré le ministre français des Finances, Michel Sapin, sur France 2.

L'Elysée n'a en revanche pas confirmé une information de RTL selon laquelle François Hollande aurait envoyé à Barack Obama un "courrier de protestation" s'inquiétant de l'ampleur de l'amende.

Le premier groupe bancaire français et deuxième de la zone euro, est accusé par la justice américaine d'avoir financé des opérations avec des pays sous embargo américain, tels que l'Iran, le Soudan et Cuba.

Selon des sources proches du dossier, la pénalité pourrait atteindre 10 milliards de dollars (7,3 milliards d'euros). La banque pourrait également se voir interdire pendant un certain temps de régler des transactions en dollars, estime-t-on de même sources.

D'après RTL, qui ne cite pas de source, le président français aurait écrit à son homologue américain que la banque devrait certes être sanctionnée si elle a commis une faute "mais que sa sanction ne doit pas être disproportionnée et injuste."

Une source familière du dossier aux Etats-Unis indiquait mardi que, le chef de l'Etat français avait contacté il y a environ deux semaines la Maison Blanche pour s'inquiéter des conséquences de cette affaire et plaider la modération.

"Des éléments écrits sur ce dossier ont été envoyés par les autorités françaises aux autorités américaines", se borne-t-on à dire de source diplomatique française.

ÉQUITÉ

Après avoir fait profil bas, le gouvernement français a adopté un moyen terme entre ceux qui le somment de ne pas se mêler de ce contentieux et les partisans d'une réaction musclée.

Il ne conteste pas une éventuelle sanction contre BNP Paribas mais s'efforce d'obtenir une réduction des sanctions pour éviter au groupe une ponction qui compromettrait ses capacités de financement de l'économie française.

Les autorités françaises font également valoir qu'une telle ponction sur une banque de cette importance ne manquerait pas d'avoir un impact sur l'ensemble du système financier européen.

Le chef de la diplomatie, Laurent Fabius, a fait valoir mardi qu'une amende de l'ampleur évoquée serait contraire à l'esprit des négociations entre l'Union européenne et les Etats-Unis sur un partenariat commercial.

Le ministre des Finances, Michel Sapin, assure pour sa part dans une interview publiée mercredi par Les Echos que la France réagira "fermement pour protéger ses intérêts fondamentaux" si la banque n'est pas traitée "de manière équitable".

"On ne veut pas, parce que ce serait une banque française ou parce que ce serait une banque européenne, que la justice, les autorités américaines se comportent de manière inéquitable", a-t-il renchéri sur France 2.

La somme de dix milliards de dollars évoquée "serait de notre point de vue une somme inéquitable", a-t-il ajouté.

La BNP a déclaré il y a plusieurs semaines être en discussions avec les autorités américaines au sujet de "certains paiements en dollars US impliquant des Etats ou des personnes morales ou physiques qui pouvaient être soumises à des sanctions économiques édictées par les lois des Etats-Unis".

Elle a informé ses actionnaires que la pénalité qu’elle pourrait devoir payer pourrait "excéder très significativement" une provision de 1,1 milliard de dollars constituée fin 2013.

Elle dit aussi avoir fait évoluer son dispositif de contrôle pour s’assurer qu’une telle situation ne se reproduise pas.

(Yann Le Guernigou, Elizabeth Pineau et Emmanuel Jarry, édité par Jean-Michel Bélot)


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