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La France défend sa coopération avec la Libye sur les migrants

La France défend sa coopération avec la Libye sur les migrants
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - La France a défendu mercredi la coopération de la France avec les garde-côtes libyens dans le cadre des opérations de secours des migrants qui continuent de traverser la Méditerranée et a appelé les ONG à "respecter le droit international".

Voie de passage vers l'Europe pour les migrants africains, la Libye a basculé dans le chaos après le renversement de Mouammar Kadhafi, en 2011, et est devenue une plaque tournante des trafics de migrants cherchant à rejoindre l'Europe.

Plusieurs ONG ont refusé ces derniers mois de ramener des migrants vers la Libye ou de les remettre aux garde-côtes libyens faute d'avoir des garanties suffisantes sur la sécurité des passagers une fois sur le sol libyen.

Dernière en date, l'ONG allemande Lifeline, accusée par Rome et Paris d'avoir agi en "contravention du droit international et des garde-côtes libyens" et de "faire le jeu des passeurs".

"Le seul ordre auquel le bateau a refusé d'obéir est celui de remettre ces personnes aux prétendus garde-côtes libyens car cela aurait été en contravention avec la convention de Genève sur les réfugiés et donc criminel," a réagi l'ONG dans un communiqué. "Désembarquer à Tripoli aurait constitué une violation du principe de non-refoulement".

Mais le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a déclaré devant les députés qu'il n'était "pas acceptable que ce bateau ait coupé ses balises, refusé de répondre aux messages des autorités maritimes et même se soit prévalu indûment du pavillon néerlandais".

"ENCOURAGER LES PASSEURS"

A la question de savoir si la France considérait que remettre les migrants aux garde-côtes libyens permettait leur mise en sécurité, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a répondu : "Il faut pouvoir travailler avec les pays de départ et les pays de transit".

"Considérer que nous ne pouvons pas travailler avec les autorités libyennes, c'est acter d'un échec, c'est encourager les passeurs, c'est encourager les filières clandestines", a-t-il déclaré lors du compte rendu du conseil des ministres.

"L'esclavagisme des passeurs (...), je ne crois pas que ce soit un meilleur traitement", a-t-il ajouté, en précisant que les départs de Libye avaient baissé de 80% en un an, grâce à "un investissement que la France et l'Union européenne [font] auprès des autorités libyennes afin d'avoir un meilleur traitement et une meilleure sécurisation des côtes libyennes".

"On demande aux ONG de respecter simplement le droit", a-t-il ajouté.

La France rejoint ainsi l'Italie qui, la première, avait haussé le ton dimanche contre certaines ONG, le ministre italien de l'Intérieur et chef de file de La Ligue du Nord (extrême droite) Matteo Salvini les appelant notamment à laisser les autorités libyennes "faire leur travail de secours, de récupération et de rapatriement".

L'analyse est partagée en outre par la présidente du Rassemblement national (ex-Front national) Marine Le Pen, qui a fustigé le refus du Lifeline de transférer les clandestins vers les garde-côtes libyens.

"Leur objectif n'est donc pas humanitaire mais politique : il s'agit d'emmener le maximum de clandestins vers les rives européennes. Cela a un nom : c'est un délit et ça doit être poursuivi à ce titre", a-t-elle déclaré mercredi à la presse depuis l'Assemblée.

(Marine Pennetier, Elizabeth Pineau et Julie Carriat, édité par Yves Clarisse)


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