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La France accuse Moscou d'espionnage sur le satellite Athena-Fidus

La France accuse Moscou d'espionnage sur le satellite Athena-Fidus
Crédit photo © Reuters

TOULOUSE (Reuters) - La ministre française des Armées, Florence Parly, a accusé vendredi la Russie d'avoir commis en 2017 "un acte d'espionnage" contre le satellite militaire franco-italien Athena-Fidus pour tenter d'intercepter des communications sécurisées.

Ce satellite, assemblé par Thales Alenia Space et en service depuis 2014, "permet d’échanger des informations, de planifier des opérations, de garantir notre sécurité", a-t-elle souligné lors d'un discours au Centre national des études spatiales (CNES) à Toulouse.

"Mais voilà. Alors qu’Athena-Fidus continuait sa rotation tranquillement au-dessus de la terre, un satellite s’est approché de lui, de près, d’un peu trop près", a-t-elle dit.

"De tellement près qu’on aurait vraiment pu croire qu’il tentait de capter nos communications. Tenter d’écouter ses voisins, ce n’est pas seulement inamical. C’est un acte d’espionnage", a-t-elle poursuivi, désignant pour cible le satellite russe Luch-Olymp, "un peu indiscret".

Placé en orbite géostationnaire en 2014 par une fusée Ariane 5, le satellite Athena-Fidus ("Access on theatres for European allied forces nations-French Italian dual use satellite") fournit des moyens de télécommunication de très haut débit aux armées française et italienne et aux services de sécurité civile des deux pays.

"Grâce à Athena-Fidus, les états-majors des armées françaises et italiennes peuvent organiser des visioconférences, établir des diagnostics médicaux à distance, ou encore réceptionner des images acquises par des drones", précise le CNES, qui a supervisé le projet avec la Direction générale de l'armement et l'Agence spatiale italienne.

Le satellite russe Luch/Olymp, lancé en septembre 2014, est étroitement surveillé par les puissances occidentales qui le considèrent comme un satellite espion dont les subites variations de positionnement sont jugées suspectes et dangereuses.

"Nous l'avions vu arriver, et avons pris les mesures qui s'imposaient", a déclaré Florence Parly.

"Nous le surveillons attentivement, nous avons d’ailleurs observé qu’il a continué de manoeuvrer activement les mois suivants auprès d’autres cibles, mais demain, qui dit qu’il ne reviendra pas auprès d’un de nos satellites?", s'est-elle interrogée.

La ministre a souligné que "d’autres très grandes puissances spatiales" déployaient "en orbite des objets intrigants, expériment[ai]ent des capacités potentiellement offensives, conduis[ai]ent des manoeuvres qui ne laissent guère de doutes sur leur vocation agressive."

(Johanna Decorse, édité par Sophie Louet)


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