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La flamme olympique attise la controverse politique en France

La flamme olympique attise la controverse politique en France
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - La flamme olympique, qui passera lundi par Paris, attise la polémique en France, où la menace voilée de boycott de
Nicolas Sarkozy provoque des dissonances au sein du gouvernement.

Les autorités françaises craignent que le relais de la flamme des Jeux olympiques de Pékin, qui débutent le 8 août, ne soit perturbé
comme à Londres par des manifestations de soutien au peuple tibétain. Les discordances apparues au sein de l'exécutif menacent
d'amplifier le trouble.

Nicolas Sarkozy, critiqué dans un premier temps pour son mutisme face à la répression chinoise au Tibet, avait déclaré le 25 mars que
la France gardait toutes les options ouvertes, y compris le boycott de la cérémonie d'ouverture des Jeux, si la situation au Tibet ne
s'améliorait pas dans les mois à venir.

Rama Yade a semé la confusion en posant trois conditions "indispensables", dans un entretien publié samedi dans Le Monde, à la
présence du président français le 8 août à Pékin : fin des violences au Tibet, lumière sur les récents événements et ouverture d'un
dialogue entre Pékin et le dalaï-lama, le chef spirituel des Tibétains.

La secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme a démenti par la suite, dans un communiqué, avoir évoqué des "conditions" - terme
maintenu par le quotidien.

Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a tenté d'éteindre la controverse naissante en affirmant samedi soir sur France
2 qu'il n'y avait "pas de conditions à la position de la France". "En fonction de l'évolution, le président décidera", a-t-il répété.

Luc Chatel, le porte-parole du gouvernement, s'est à son tour chargé dimanche de clarifier le discours français, tandis que l'Elysée ne
faisait aucun commentaire.

"J'observe que Rama Yade a démenti avoir indiqué qu'il s'agissait de conditions. La position n'a pas changé", a-t-il dit sur Radio J.

"Le temps n'est pas venu de se prononcer, car la France a souhaité faire offre de services pour renouer le dialogue entre les autorités
chinoises et le dalaï-lama. Nous sommes dans cette configuration", a-t-il dit.

Le Parti socialiste, par la voix de Pierre Moscovici, a déploré sur France 5 "un problème Rama Yade", qui avait déjà marqué sa
singularité en protestant publiquement contre la visite du dirigeant libyen Mouammar Kadhadi en décembre à Paris.

"Ce n'est pas un excellent style de gouvernement", a-t-il estimé, dénonçant en l'ex-socialiste Bernard Kouchner l'incarnation de "la voix
de son maître".

"ON FERA QUOI A PEKIN?"

Pour Ségolène Royal, la France, qui présidera l'Union européenne à compter du 1er juillet, doit montrer l'exemple en boycottant les
Jeux olympiques.

"Il est encore temps de menacer de boycotter les JO", déclare l'ex-candidate socialiste à la présidentielle dans Le Journal du
Dimanche (JDD).

"Les brassards, les drapeaux, les banderoles, c'est mieux que rien, mais c'est se donner bonne conscience à peu de frais",
estime-t-elle.

Daniel Cohn-Bendit, député Vert européen, relève l'existence "de plusieurs lignes à l'intérieur du gouvernement" français.

"Il y a visiblement une ligne Rama Yade-Bernard Kouchner et une autre qui est celle de Sarkozy. Compte tenu de la hiérarchie politique
en France, si Sarkozy a décidé de rester fidèle aux Chinois, le gouvernement restera fidèle aux Chinois, quoi qu'il arrive", dit-il dans le
JDD.

"Si on se met à genoux à Paris, on fera quoi à Pékin?", lance-t-il.

Pour l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, la position de Nicolas Sarkozy est "une position claire".

"Nous avons un problème qui est de savoir quelle est la meilleure attitude à avoir lors de cette cérémonie d'ouverture, mais les Chinois
ont aussi un problème. Il faut s'en sortir par le mouvement, par le dialogue", a-t-il dit sur Canal+.

François Bayrou considère que l'initiative d'un boycott "serait un geste extrêmement fort". "Je souhaite qu'il (Nicolas Sarkozy) en parle
avec ses homologues européens", a-t-il dit dans le cadre du Grand Rendez-Vous Europe 1-TV5 Monde-Le Parisien-Aujourd'hui.

Le président du MoDem soutient le rassemblement prévu par Reporters sans frontières lundi à partir de 12h00 (10h00 GMT) au pied
de la tour Eiffel, point de départ de la flamme olympique à 12h30. Un rassemblement est également prévu à 11h00 (09h00 GMT) sur le
parvis des Droits de l'Homme, au Trocadéro, à l'appel notamment de France Tibet et Solidarité Tibet. Une délégation de parlementaires,
membres du groupe d'études sur le Tibet, se joindra à la manifestation.

Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée, avait demandé à ce qu'un drapeau tibétain soit déployé sur le fronton
du Palais-Bourbon, requête refusée par le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer.

Le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, a annoncé qu'il ferait apposer sur la façade de l'Hôtel de Ville une banderole
proclamant : "Paris pour les droits de l'homme partout dans le monde".

Sophie Louet


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