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La fièvre porcine africaine menace la charcuterie française

La fièvre porcine africaine menace la charcuterie française
Crédit photo © Reuters

par Sybille de La Hamaide

PARIS (Reuters) - La flambée des cours du porc, liée à une épidémie de peste porcine africaine qui a ravagé des élevages en Chine, menace les producteurs français de charcuterie, a annoncé jeudi la fédération du secteur, qui redoute des faillites.

Cette maladie, très contagieuse, sévit depuis août 2018 dans toute la Chine continentale et a déjà tué des millions de bêtes, amenant le pays, premier producteur mondial de porc, à se tourner depuis le début de l'année vers les importations.

Selon la FICT, la fédération de la charcuterie, les prix du porc français ont augmenté de 24% depuis mars et certains ingrédients utilisés dans l'élaboration de produits comme le saucisson, le jambon cuit et cru ont subi des hausses pouvant atteindre 30%. La FICT estime qu'il est difficile pour les producteurs de charcuterie de répercuter ces hausses sur les clients.

"Ces augmentations de prix pénalisent nos industries car les accords commerciaux ont été signés (...) sur la base de prix historiquement bas, et nous devons à présent convaincre nos clients d'accepter la hausse des prix", a déclaré à la presse Bernard Vallat, président de la FICT.

La France est au coude-à-coude avec les Pays-Bas comme troisième producteur mondial de charcuterie derrière l'Espagne et l'Allemagne.

Les contrats entre fournisseurs et distributeurs sont négociés une fois par an en France et sont bouclés fin février. Sans clause spéciale dans le contrat, un acheteur peut refuser une augmentation ultérieure de prix.

Bernard Vallat pense que des entreprises du secteur pourraient faire face à des faillites si les hausses de prix ne peuvent pas être répercutées.

"Aucune entreprise ne peut survivre s'il n'y a pas de rééquilibrage avec les acheteurs", a-t-il noté, ajoutant que les prix allaient probablement continuer d'augmenter.

Quelque 30% des producteurs français de charcuterie étaient déjà déficitaires en 2017 en raison de la hausse des cours des matières premières et cette proportion devrait rester stable en 2018, a-t-il déclaré.

"Nous nous attendons à ce que (la crise) dure car la situation n'est pas sous contrôle en Chine et il faudra du temps pour reconstituer les stocks", a-t-il prévenu.

En un an, les prix moyens de la viande de porc dans l'Union européenne ont pris 21,9%, avec une forte hausse enregistrée depuis début mars, selon les données officielles publiées jeudi par l'UE.

Sur les trois premiers mois de 2019, les exportations de viande porcine de l'UE vers la Chine ont bondi de 25,9% par rapport à la même période il y a un an, toujours selon les données officielles.

(Claude Chendjou pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)


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