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La droite ne désarme pas sur les 80 km/h, Matignon persiste

La droite ne désarme pas sur les 80 km/h, Matignon persiste
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Les députés Les Républicains défendront jeudi prochain à l'Assemblée une proposition de loi contre l'abaissement à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur les routes secondaires françaises, appelé à entrer en vigueur le 1er juillet.

"Déterminé à infléchir la courbe de la mortalité routière", le Premier ministre, Edouard Philippe, a de nouveau opposé jeudi une fin de non-recevoir aux adversaires de cette réforme, qui touche essentiellement les zones rurales.

"Le Premier ministre ne méconnaît pas les réactions suscitées par cette mesure mais rappelle qu’il s’agit de préserver des vies humaines et d’éviter de nombreux drames", a expliqué Matignon dans un communiqué en réponse à un rapport sénatorial sur le sujet.

Fruit des auditions menées par les sénateurs Michel Raison (LR), Jean-Luc Fichet (PS) et Michèle Vullien (centriste), ce rapport propose que la décision de modifier la limitation de vitesse "soit décentralisée au niveau des départements", où seraient organisées des "conférences de la sécurité routière" notamment chargées d’identifier les routes ou les tronçons de route les plus accidentogènes.

A l'approche de l'échéance, le député LR du Cantal Vincent Descoeur présentera jeudi à l'Assemblée une proposition de loi aux idées voisines, suggérant de laisser l'initiative aux préfets et présidents de départements de limiter ou non la vitesse en fonction des caractéristiques des voies concernées.

Rejeté en commission, le texte a fort peu de chances d'être adopté dans un hémicycle où le camp présidentiel est largement majoritaire.

COLLOMB RÉTICENT

Malgré les protestations multiples venues des confins du pays, Matignon tient bon. Seule concession : le dispositif, qui concernera environ 400.000 km de routes, sera évalué dans deux ans, en juillet 2020.

Le décret annonçant l'abaissement de la vitesse de 90 à 80 km/h sur les routes à double sens de circulation et sans séparateur central doit être publié dans les prochains jours au Journal Officiel.

Le sujet, qui ne faisait pas partie des promesses de campagne d'Emmanuel Macron, fait débat jusqu'au sein du gouvernement où le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, qui sera chargé de faire respecter la loi, a émis des réserves.

"Cette prise de position, qui n'a rien d'étonnant, est partagée en coulisses par de nombreux députés de la majorité qui ne cachent pas leurs réserves et s'inquiètent des conséquences de cette mesure pour la mobilité des habitants de leur circonscription sans pour autant oser afficher publiquement leur opposition", a affirmé Vincent Descoeur dans un communiqué.

Après douze années de baisse continue, la mortalité routière augmente depuis 2014 en France (3.477 morts en 2016) avec la vitesse pour première cause (31%), suivie de l'alcool (19%) et des stupéfiants (9%). En 2016, les routes à deux voies non séparées ont connu 55% des accidents mortels, soit 1.911 tués.

Dans un sondage YouGov pour Capital réalisé en avril auprès de 1.012 personnes, 71% des Français se déclarent opposés au projet gouvernemental.

(Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)


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