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La Corée du Nord a désormais son guide touristique

La Corée du Nord a désormais son guide touristique
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - "Richesse culturelle inexploitée", "paysages magnifiques", "habitants aimables et curieux" : bienvenue en Corée du Nord, pays inaccessible où "il y a tant et plus à critiquer" mais aussi "quelques bonnes surprises", selon un nouveau guide touristique dévoilé mardi par l'éditeur du "Petit futé".

Tiré à 4.000 exemplaires en français - il devrait être bientôt disponible en chinois, russe et espagnol -, "Le Petit futé" de la Corée du Nord a nécessité trois ans de travail, sans l'aval des autorités de Pyongyang.

Nourri d'informations sur le régime communiste de Kim Jong-Un, l'histoire du "Pays du Matin calme", ses monuments, ses traditions et ses célébrations, son économie et sa géographie, ce guide singulier vise à séduire tout autant les voyageurs immobiles que les "baroudeurs à la recherche de sensations fortes et d'imprévus".

"Comme c'est un pays fermé et interdit, tout le monde rêve d'y aller", déclare à Reuters Dominique Auzias, président de la collection et l'un des auteurs du guide.

Avec une réserve de taille. La France n'entretient pas de relations diplomatiques avec la Corée du Nord - le ministère des Affaires étrangères déconseille de s'y rendre - et il est impossible de visiter le pays sans passer par une agence de voyages, qui organisera un circuit, et sans un guide officiel.

Le guide de quelque 200 pages précise ainsi que "les conditions de voyage [sont] loin d'être optimales, entre le fait qu'on ne nous montre que ce que l'on veut nous faire voir et les imprévus d'un voyage organisé".

L'infrastructure hôtelière est limitée ainsi que le choix des restaurants où il est possible dans certains endroits de goûter une soupe de chien pour cinq euros.

"Avec la population, c'est strictement impossible d’échanger", relève Dominique Auzias, quoi qu'en dise le préambule lyrique du guide.

"NE PAS SORTIR DU RANG"

"On peut parler éventuellement avec la serveuse d'un bistrot, d'un restaurant ou d'un hôtel, mais ça fait partie de l'écosystème touristique. C'est impossible de rencontrer un paysan ou un ouvrier", dit-il.

Dans ce pays où il est difficile de se repérer en l'absence d'adresses à l'occidentale, où "les bus n'ont le droit que de tourner à droite, sauf dans de très rares cas", le touriste sous surveillance se voit rappeler quelques conseils de conduite sous peine de sanctions lourdes, à l'image de l'étudiant américain Otto Warmbier, condamné à 15 ans de travaux forcés en 2016 pour avoir tenté de voler une affiche de propagande dans son hôtel.

Tombé dans le coma pendant sa détention, il avait été rapatrié en juin 2017 aux Etats-Unis où il est mort six jours après son retour à l'âge de 22 ans.

Le guide recommande, entre autres, de ne jamais "critiquer le régime nord-coréen et ses dirigeants", de "ne pas plier un journal où figure une représentation de Kim Jong-un" et de ses prédécesseurs, ou de ne jamais "couper" sur une photo les statues de Kim Il-sung ou Kim Jong-il.

"La Corée du Nord est un pays très sûr pour les étrangers (...) à condition de ne pas sortir du rang", peut-on lire.

Ainsi est-il aussi recommandé de télécharger le guide si l'on va sur place, sa version papier étant bannie.

"Le vrai plus d'un voyage en Corée du Nord, c'est qu'en rentrant en Europe, on apprécie beaucoup plus la liberté dont on dispose après en avoir manqué sur place", lit-on dans l'ouvrage.

"Quand je suis arrivé à la frontière il y a dix ou 12 ans, j'était assez fier parce que j'étais l'un des rares Français à entrer en Corée du Nord pour environ trois semaines", relate Dominique Auzias.

"Le deuxième moment de bonheur, c'est quand j'ai quitté le pays".

(Sophie Louet avec John Irish et Noémie Olive, édité par Yves Clarisse)


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