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La commission Von der Leyen confirmée par le Parlement européen

La commission Von der Leyen confirmée par le Parlement européen
Crédit photo © Reuters

par Gabriela Baczynska

STRASBOURG (Reuters) - La nouvelle Commission européenne présidée par l'Allemande Ursula von der Leyen a remporté mercredi le vote de confirmation du Parlement européen et sera finalement investie dimanche prochain, avec un mois de retard sur le calendrier initial.

Les députés européens ont approuvé le nouvel exécutif européen par 461 voix contre 157. Il y a eu 89 abstentions. La majorité simple des votants suffisait pour que la commission Von der Leyen soit confirmée.

Le nouveau collège des commissaires aurait dû prendre ses fonctions le 1er novembre, mais le rejet au Parlement européen de trois commissaires désignés par les Etats membres, dont la Française Sylvie Goulard, a retardé le processus.

Von der Leyen, désignée par les chefs d'Etat et de gouvernement européens pour succéder à Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne pour les cinq années à venir, avait elle même été confirmée de justesse en juillet dernier au Parlement, obtenant 383 voix, neuf de plus seulement que le minimum requis.

Âgée de 61 ans, l'ancienne ministre allemande de la Défense et proche d'Angela Merkel est la première femme à avoir été élue à la présidence de la Commission européenne. Avec 13 femmes commissaires sur 27, sa commission est aussi la plus paritaire de l'histoire européenne.

Dans son discours préalable au vote de confirmation, elle a déclaré mercredi devant les députés européens que le combat contre le changement climatique était un défi "existentiel" pour l'humanité.

La conservatrice allemande a ajouté qu'elle garantirait suffisamment de ressources budgétaires pour aider les Etats membres à s'adapter aux mutations nécessaires, notamment la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la consommation d'énergies fossiles.

"PLUS UN INSTANT À PERDRE"

"Nous n'avons plus un instant à perdre dans le combat contre le changement climatique", a-t-elle dit, indiquant que l'UE serait en 2050 le premier continent à avoir atteint la "neutralité carbone".

"Cela nécessitera des investissements massifs", a-t-elle souligné.

A l'avenir, a-t-elle dit, l'UE imposera des clauses de protection de l'environnement dans tous les accords commerciaux qu'elle négociera. La Banque européenne de l'investissement deviendra la banque chargée de la transition climatique de l'UE.

Mais la transition vers une "neutralité climatique", a-t-elle poursuivi, devra être conduite d'une "manière soutenable", condition nécessaire, a-t-elle souligné, pour obtenir l'adhésion des populations, des régions et des Etats qui dépendent encore largement du charbon.

"Il faut que ce soit inclusif, sinon, ça n'aura pas lieu", a-t-elle dit.

Dans un message adressé à la Pologne et à la Hongrie, en conflit avec Bruxelles sur le respect des normes démocratiques, elle a par ailleurs déclaré qu'elle ne transigerait pas avec l'état de droit.

Sur la question des règles de convergence budgétaire, elle a estimé que les Etats de l'UE devaient mettre à profit "la souplesse autorisée par le pacte de stabilité et de croissance pour donner le temps et l'espace nécessaire pour que nos économies se développent".

L'obstacle parlementaire passé, le nouveau collège des commissaires va pouvoir se mettre au travail. La lutte pour le climat, les réformes économiques et la question migratoire sont parmi ses priorités.

La commission Von der Leyen aura aussi affaire avec le Brexit. Le dossier est pour l'heure en suspens, le temps de la campagne en vue des élections législatives anticipées du 12 décembre prochain au Royaume-Uni, mais reviendra très vite sur la table. Plusieurs fois repoussée, la date du divorce est pour l'heure fixée au 31 janvier prochain.

La nouvelle présidente de la Commission a indiqué qu'elle serait toujours dans le camp des "Remainers".

Elle a également indiqué que la porte de l'UE restait ouverte aux pays des Balkans, un autre sujet de contentieux très fort parmi les Européens.

La France notamment refuse que l'Albanie et la Macédoine du Nord entrent dans le bloc communautaire tant qu'il n'aura pas revu ses règles de fonctionnement; Angela Merkel a réaffirmé mercredi matin, au moment où Von der Leyen parlait devant l'hémicycle de Strasbourg, que les Européens devaient dire aux pays des Balkans qu'il existe une perspective d'adhésion.

(version française Bertrand Boucey et Henri-Pierre André, édité par Jean-Michel Bélot)


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