La Chine dénonce les critiques "irresponsables" de l'OMS sur le "zéro-Covid"

La Chine dénonce les critiques "irresponsables" de l'OMS sur le "zéro-Covid"
La Chine dénonce les critiques 'irresponsables' de l'OMS sur le 'zéro-Covid'
Crédit photo © Reuters

par Martin Quin Pollard et Brenda Goh

PEKIN/SHANGHAI (Reuters) - La Chine a fustigé mercredi les critiques selon elles "irresponsables" formulées par le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) contre sa stratégie "zéro-COVID".

Tedros Adhanom Ghebreyesus a jugé mardi que la politique des autorités chinoises visant à empêcher toute contamination par le SARS-CoV-2, responsable du COVID-19, en imposant des restrictions draconiennes qui pèsent sur l'économie et le moral de la population n'était "pas viable".

Ses propos n'ont pas été repris par la presse officielle et ils ont été censurés sur les réseaux sociaux, signe, selon le chercheur Fang Kecheng de l'Université chinoise de Hong Kong, que "la question a été entièrement politisée" et que "toute opinion dissidente est vue comme un défi aux plus hautes autorités", alors que se tiendra à l'automne le XXe Congrès du Parti communiste au pouvoir.

Seul le ministère des Affaires étrangères a réagi lors de son point de presse quotidien par la voix de son porte-parole Zhao Lijian.

"Nous espérons que les individus concernés pourront considérer la politique de la Chine face au Covid de manière objective et rationnelle et connaître les faits, au lieu de faire des remarques irresponsables", a-t-il dit.

Pékin dit accorder la priorité à la vie humaine et pointe du doigt les millions de décès provoqués par le COVID-19 dans les autres pays du monde, qui ont choisi pour la plupart de "vivre avec le virus".

SHANGHAI RENFORCE LES RESTRICTIONS

La Chine a enregistré officiellement quelque 5.000 morts du Covid depuis l'apparition du virus SARS-CoV-2 à Wuhan, dans le centre du pays, fin 2019, contre près d'un million aux Etats-Unis.

Mais des modélisations scientifiques effectuées en Chine et aux Etats-Unis évaluent à 1,5 million le nombre de personnes qui pourraient mourir du COVID-19 en Chine en cas de levée des restrictions sanitaires et en l'absence de renforcement de la vaccination ou de meilleur accès aux traitements.

Seulement la moitié des Chinois âgés de plus de 80 ans sont vaccinés contre la maladie.

A Shanghaï, mégapole de 25 millions d'habitants soumise depuis plus de cinq semaines à un confinement strict, les autorités ont annoncé mercredi que la moitié des 16 arrondissements de la ville étaient désormais placés sous le statut de "zéro-COVID", n'ayant enregistré aucun nouveau cas de contamination par le SARS-CoV-2 ces trois derniers jours.

Mais les restrictions resteront en place pour l'instant et sont même renforcées, la municipalité espérant faire disparaître toute nouvelle infection avant un assouplissement, envisagé d'ici la fin du mois.

"Le risque d'un rebond subsiste", a justifié Zhao Dandan, directeur adjoint de la commission de santé de Shanghai.

Un nombre croissant d'habitants de Shanghaï jusqu'ici soumis à des restrictions moindres que les autres ont assisté ces derniers jours à l'érection de nouvelles clôtures autour de leurs quartiers d'habitation et ont été informés qu'ils n'étaient plus autorisés désormais à quitter ce périmètre.

Selon le dernier bilan, Shanghaï a enregistré 1.487 nouvelles infections en 24 heures, leur plus bas niveau depuis le 23 mars.

À Pékin, la capitale où 56 nouveaux cas ont été recensés ces dernières 24 heures, de nombreux commerces ont baissé le rideau et de nombreux habitants travaillent à domicile. La Cité interdite, lieu touristique très fréquenté, fermera ses portes le 12 mai.

(version française Jean-Stéphane Brosse, édité par Kate Entringer)

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