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La Chine assouplit l'interdiction du commerce d'os de tigres et cornes de rhinocéros

La Chine assouplit l'interdiction du commerce d'os de tigres et cornes de rhinocéros
Crédit photo © Reuters

PEKIN (Reuters) - Les autorités chinoises ont présenté lundi une nouvelle réglementation qui introduit des exceptions majeures à l'interdiction du commerce d'os de tigres et de cornes de rhinocéros, une initiative dont le WWF estime qu'elle pourrait avoir des "conséquences dévastatrices" sur ces espèces menacées d'extinction à l'état sauvage.

Le Conseil d'Etat chinois a remplacé la législation de 1993 interdisant totalement le commerce de tels produits, en ligne avec la réglementation internationale, par un texte qui le permet "dans certaines circonstances", comme la recherche médicale et scientifique, l'usage éducatif ou les "échanges culturels".

La loi entrée en vigueur le 6 octobre précise que les cornes de rhinocéros et les os de tigres élevés en captivité pourront être utilisés pour "la recherche médicale et le traitement clinique de maladies graves", quand bien même leur efficacité n'a jamais été établie.

Ces mêmes produits, lorsqu'ils proviennent d'animaux tués il y a longtemps et qu'ils sont classés en tant qu'"antiquités", pourront faire l'objet d'échanges culturels avec l'aval des autorités concernées, mais pas de commerce sur internet, poursuit le texte.

Le WWF a vivement condamné ce changement de réglementation qui représente selon lui "une régression énorme pour la protection des tigres et des rhinocéros à l'état sauvage".

"Même s'il est limité aux antiquités et à l'usage dans les hôpitaux, ce commerce va accroître la confusion chez les consommateurs comme chez les agents de la force publique pour savoir quels produits sont ou ne sont pas légaux, et va probablement ouvrir le marché à d'autres produits issus des tigres et des rhinocéros", déplore l'organisation.

L'interdiction totale du commerce en Chine, où les os de tigre et les cornes de rhinocéros sont très prisés par la médecine traditionnelle, n'a pas permis de mettre fin au braconnage de ces espèces menacées.

Corruption aidant, les organisations criminelles qui gèrent le trafic sont passées maître dans l'art d'introduire les produits issus du braconnage dans les canaux de commerce légaux quand ceux-ci existent, rappellent les ONG de protection de la nature.

(Michael Martina; Tangi Salaün pour le service français)


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©2018 Reuters

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