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L'UMP ouvre sa transition, les sarkozystes préparent le retour

L'UMP ouvre sa transition, les sarkozystes préparent le retour
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - L'UMP aborde mardi, lors d'un bureau politique déterminant, une période de transition incertaine qui doit la mener à l'automne à un congrès de refondation dont les sarkozystes pourraient faire une rampe de lancement pour l'ancien président.

Quinze jours après la démission forcée du président Jean-François Copé, emporté par l'affaire Bygmalion, certains à droite proposent une révolution accompagnée de symboles, comme un changement de nom et de siège, à l'image des ex-ministres Nathalie Kosciusko-Morizet ou Christian Estrosi.

Le bureau politique censé éviter à l'UMP la "mort" que dit redouter Christian Estrosi devrait entériner le principe d'un triumvirat transitoire composé des anciens Premiers ministres Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon, avec l'appui probable de l'ex-vice-président délégué Luc Chatel.

Ce point rester à régler, de même que les modalités juridiques de la gestion du parti et les conditions d'organisation du congrès extraordinaire annoncé pour octobre. La démission de Jean-François Copé sera effective le 15 juin.

Les partisans de Nicolas Sarkozy contestent cette gouvernance inédite qui, avec François Fillon et Alain Juppé, met en avant les deux principaux rivaux de l'ancien chef de l'Etat dans la course à la présidentielle de 2017.

Une solution de consensus, en la personne de Luc Chatel, devrait rapprocher les positions.

"Ce qui est prévu, c'est que le vice-président, Luc Chatel, assume l'intérim", a dit sur France 2 Nadine Morano, qui invoque le respect des statuts de l'UMP.

"Ensuite, que monsieur Juppé, monsieur Raffarin, monsieur Fillon constituent cette équipe politique pour épauler Luc Chatel, je n'y vois aucun inconvénient. L'heure est au rassemblement, à l'unité."

"RÉVOLUTION CULTURELLE"

L'ancienne ministre s'est montrée moins pessimiste que d'ex-collègues qui appellent de leurs voeux une "révolution culturelle", selon les mots de Christian Estrosi, secrétaire général de l'association des amis de Nicolas Sarkozy.

"L'UMP est en danger de mort, l'UMP peut mourir, il vient de subir deux crises terrifiantes", a dit le maire de Nice.

"La seule chose qui puisse empêcher la mort de l'UMP c'est une remise en cause profonde, c'est une révolution culturelle", a-t-il ajouté, appelant sa formation à en finir avec la "théorie des quotas" portée selon lui par "le clan Copé, le clan Fillon" lors de l'élection à la présidence du parti, il y a 18 mois.

Le triumvirat de "sages" envisagé est légitime "dès lors qu'ils acceptent de jouer un rôle complètement neutre", a souligné Christian Estrosi, appelant à des décisions symboliques fortes.

"Je suis, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, favorable à ce que nous changions de nom, à ce que nous vendions notre siège", a-t-il dit, ajoutant ne pas exclure une candidature à la présidence du parti.

Le bureau politique s'annonce heurté et augure de nouveaux mois de tension autour de la personnalité qui prendra le contrôle du parti, avec à la clé la primaire pour 2017.

Ses partisans pressent Nicolas Sarkozy de prendre l'UMP afin d'imposer sa candidature "naturelle" et d'escamoter ainsi le processus d'investiture, qu'entendent défendre fermement Alain Juppé et François Fillon.

"Ça n'existe pas les hommes providentiels en 2014. (...) Les primaires, c'est un parcours d'humilité et la politique en manque plutôt", a commenté le député Hervé Mariton, candidat à la présidence, sur France Inter.

"On verra qui se portera candidat. Ce n'est pas trahir un secret que de dire qu'on sent très bien que Nicolas Sarkozy a envie de revenir sur la scène politique", a déclaré pour sa part Nadine Morano.

(Gregory Blachier, édité par Sophie Louet)


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