L'UE reste divisée sur la question d'une Défense autonome

L'UE reste divisée sur la question d'une Défense autonome
L'UE reste divisée sur la question d'une Défense autonome
Crédit photo © Reuters

par Robin Emmott et Sabine Siebold

BRDO, Slovénie (Reuters) - La question de l'autonomie stratégique européenne en matière de Défense continue de diviser au sein de l'Union européenne (UE).

Bien qu'échaudés par le retrait chaotique des forces occidentales d'Afghanistan ou par la conclusion récente du pacte de sécurité Aukus aux dépens de la France, les dirigeants des Vingt-Sept réunis mardi soir lors d'un dîner dans le cadre de leur sommet informel en Slovénie ont campé sur leurs lignes de fracture classiques, opposant les pays d'Europe de l'Est, partisans du renforcement de l'Otan face à la Russie, à des pays comme l'Allemagne, la France, l'Italie ou l'Espagne, favorables au renforcement des capacités militaires européennes, ont déclaré deux diplomates informés des discussions.

Avant ce dîner à huis clos qui s'est tenu au château de Brdo, à quelques kilomètres de Ljubljana, Emmanuel Macron avait de nouveau estimé devant la presse que l'Europe devait faire davantage pour gérer des crises à ses frontières et prendre en charge elle-même sa sécurité.

Les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept seront rejoints ce mercredi par les dirigeants de six pays des Balkans - Serbie, Monténégro, Bosnie, Macédoine du Nord, Kosovo et Albanie - dans le cadre de la stratégie européenne définie il y a une trentaine d'années qui vise à mettre en place un "anneau d'amis" de l'Europe du Sud-Est à l'Afrique du Nord.

"Nous, Européens, avons besoin d'être clairs avec nous-mêmes sur ce que nous voulons pour nous, pour nos frontières, pour notre sécurité, pour notre indépendance énergétique, industrielle, technologique et militaire", a insisté mardi soir Emmanuel Macron après s'être interrogé sur la fiabilité de l'engagement américain vis-à-vis de l'Europe à la lumière de l'annulation du contrat de sous-marins entre la France et l'Australie.

Le président français a prévu de rencontrer son homologue américain Joe Biden dans le cadre du sommet du G20 à Rome les 30 et 31 octobre prochains afin de relancer des relations franco-américaines mises à mal par cette affaire.

Pour les partisans d'une Défense européenne renforcée, les avertissements sont légion : la stratégie américaine de "pivot vers l'Asie" ; le départ des Britanniques de l'UE ; la politique de l'"America First" de l'ex-président Donald Trump ; les Etats défaillants aux frontières de l'Europe; l'agressivité de la Russie.

Pourtant, malgré des progrès dans la constitution d'un fonds de financement pour développer en commun des armements, l'UE n'a encore jamais déployé ses groupements tactiques pour faire face à une crise.

"Le débat des dirigeants a porté sur le fait de savoir, en termes de force, si nous devons choisir ente notre puissance économique et notre puissance militaire", a déclaré un haut responsable européen, par allusion au rôle de l'UE en tant que premier donateur et premier bloc commercial au monde.

(Avec la contribution d'Ivana Sekularac; version française Jean-Stéphane Brosse, édité par Blandine Hénault)

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