L'UE ajuste ses sanctions sur le pétrole russe pour convaincre les réticents

L'UE ajuste ses sanctions sur le pétrole russe pour convaincre les réticents

(Complété avec Borrell, Premier ministre tchèque, précisions)

BRUXELLES, 6 mai (Reuters) - La Commission européenne a retouché sa proposition d'embargo sur le pétrole russe pour tenter de convaincre les Etats membres les plus réticents de l'adopter, notamment en prolongeant la période d'exemption accordée à la Hongrie, la Slovaquie, ont déclaré vendredi des sources européennes à Reuters.

La nouvelle proposition devait être soumise aux ambassadeurs des Vingt-Sept lors d'une réunion qui a débuté à 07h30 GMT.

Selon un diplomate européen, la Commission propose désormais que la Hongrie et la Slovaquie, très dépendantes du pétrole russe et qui ne disposent pas de moyens d'approvisionnement alternatifs, puissent continuer à importer du pétrole par oléoduc jusqu'à la fin 2024, soit un an de plus que prévu initialement.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a déclaré vendredi matin que la proposition de l'UE était inacceptable en l'état, tout en se disant prêt à négocier. Il a évoqué une période de transition de cinq ans pour son pays.

La nouvelle proposition de la Commission prévoit également une dérogation jusqu'à la mi-2024 pour la République tchèque, à moins que la construction d'un oléoduc transalpin soit achevée d'ici là, a dit le diplomate.

Le Premier ministre tchèque Petr Fiala, cité par l'agence CTK, a estimé que cette initiative allait dans le bon sens, mais que les négociations se poursuivaient. Près de 50% des importations de brut de la République tchèque proviennent de Russie.

Une autre source européenne avait auparavant déclaré à Reuters que la Commission avait accepté d'allonger à trois mois la période de transition avant l'interdiction du transport de pétrole russe sur le territoire de l'UE, contre un mois dans la proposition présentée mercredi par Ursula von der Leyen.

Elle a également intégré dans sa proposition des aides aux investissements destinés à améliorer les infrastructures pétrolières et à réduire l'impact des sanctions imposées à la Russie, a dit cette source.

Ursula von der Leyen a répété vendredi que l'UE devait se libérer du pétrole russe, tout en reconnaissant que l'embargo aurait un impact sur l'économie des Vingt-Sept.

La Bulgarie a également demandé un régime d'exemption mais sa requête a été écartée, car "ils n'ont pas vraiment d'argument à faire valoir", relève un responsable. Les trois autres pays (Hongrie, Slovaquie, République tchèque) "ont objectivement un problème", ajoute-t-il.

Des diplomates ont souligné que les discussions étaient difficiles et qu'ils avaient peu de visibilité pour l'instant sur leur conclusion.

Le Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, a déclaré vendredi qu'il convoquerait une réunion des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept la semaine prochaine si aucun accord n'émergeait d'ici le week-end. (Reportage Francesco Guarascio, version française Tangi Salaün, édité par Myriam Rivet et Kate Entringer)

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