L'UE accorde à l'Ukraine et à la Moldavie le statut de candidat, annonce Charles Michel

L'UE accorde à l'Ukraine et à la Moldavie le statut de candidat, annonce Charles Michel
L'UE accorde à l'Ukraine et à la Moldavie le statut de candidat, annonce Charles Michel
Crédit photo © Reuters

(Bien lire Vsevolod Chentsov et pas Chentsov Vsevolod au paragraphe 8)

par Sabine Siebold et Ingrid Melander

BRUXELLES (Reuters) - L'Ukraine et la Moldavie sont désormais considérées comme des pays candidats à l'adhésion à l'Union européenne, a annoncé jeudi le président du Conseil européen, Charles Michel lors d'un sommet européen étalé sur deux jours.

"Le Conseil européen vient de décider d'accorder le statut de candidat à l'Ukraine et à la Moldavie", a-t-il dit sur Twitter, avant d'évoquer un moment "historique".

Sur Twitter également, le président ukrainien, Volodimir Zelensky, a salué l'annonce du dirigeant européen et a remercié "les dirigeants européens pour leur soutien".

"L'avenir de l'Ukraine est dans l'Union européenne.

Ces candidatures marquent un virage stratégique de l'UE vers les pays d'Europe de l'Est dans le contexte d'invasion de l'Ukraine par la Russie. Mais si tant est qu'elle aboutisse, la procédure pour que Kyiv devienne membre de l'Union devrait prendre plusieurs années.

"Aujourd'hui commence un long chemin que nous allons parcourir ensemble", a commenté Dmytro Kuleba, le ministre ukrainien des Affaires étrangères.

Après avoir démarré à six au sein d'une organisation chargée de réguler la production industrielle, l'Union est désormais un ensemble de près d'une trentaine d'Etats confrontés à des défis complexes, qu'il s'agisse du climat, de l'émergence de la Chine en tant que puissance économique, diplomatique et militaire ou, plus récemment, de l'éclatement d'un conflit armé à ses portes.

Le feu vert européen est "un signal adressé à Moscou qui montre que l'Ukraine et les autres pays de l'ancienne Union soviétique ne peuvent plus appartenir aux sphères d'influence russes", a commenté jeudi Vsevolod Chentsov.

FRUSTRATION DANS LES BALKANS

Si l'Ukraine et la Moldavie ont obtenu ce qu'elles voulaient, et que la Géorgie s'est vue offrir une "Perspective européenne", ces trois pays savent qu'ils devront désormais remplir des conditions strictes pour arriver à leurs fins.

L'élargissement de l'Union à plusieurs pays de l'est, jugé trop rapide par certaines capitales a provoqué des réticences dans certains Etats soucieux de ralentir la cadence, si bien que plusieurs pays des Balkans patientent aux portes de l'Union, attendant un signe de Bruxelles en manifestants des signes de plus en plus nets d'exaspération.

Edi Rama, le Premier ministre albanais, l'a exprimé dès son arrivée au sommet européen. "Bienvenue à l'Ukraine, avoir le statut de candidat est une bonne chose, mais j'espère que le peuple ukrainien ne se fera pas trop d'illusions", a-t-il lancé.

Un projet de déclaration que Reuters a pu consulter montre que les Vingt-Sept s'apprêtent à réaffirmer "l'engagement non équivoque de soutenir la Perspective européenne des Balkans occidentaux".

La vitesse à laquelle l'Ukraine et la Moldavie ont obtenu le statut de candidats a entraîné une vive frustration dans les pays du sud de l'Europe.

"Plus l'Union s'abstiendra de donner un signal clair et uni aux Balkans occidentaux, plus le risque sera grand de laisser le vide et l'espace laissé se remplir de facteurs maléfiques", a souligné le président kosovar, Vjosa Osmani.

(Bien lire Vsevolod Chentsov et pas Chentsov Vsevolod au paragraphe 8)

(Avec Phil Blenkinsop, Robin Emmott, Bart Biesemans, Christian Levaux, Francesco Guarascio, Jan Strupczewski, Charlotte van Campenhout et Bart Meijer; version française Nicolas Delame)

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