»
»
»
Consultation

L'opposition s'estime muselée par la réforme de l'Assemblée

L'opposition s'estime muselée par la réforme de l'Assemblée
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Les députés de l'opposition ont boycotté mercredi après-midi la séance d'examen du texte modifiant le règlement de l'Assemblée nationale, qui réduit drastiquement selon eux leur temps de parole.

Fruit d'une longue concertation sous la houlette du président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, le nouveau règlement favorise l'intervention de l'opposition lors des questions d'actualité au gouvernement, qui aura lieu une fois par semaine au lieu de deux, mais modifie, pour les raccourcir, les interventions en séance.

Pour limiter les discussions, il sera par exemple impossible de défendre des amendements identiques, une option jusqu'ici fréquemment utilisée par l'opposition pour marteler ses arguments à raison de deux minutes par orateur.

Le nouveau règlement réduit aussi à un seul par groupe politique le nombre d'élus autorisés à s'exprimer sur un article, pour cinq minutes maximum.

"Une opposition ne peut pas être constituée de spectateurs qui auraient le droit de siéger, d'être assis, mais qui ne pourraient pas s'exprimer", a déclaré le député Les Républicains Philippe Gosselin lors d'une conférence de presse rassemblant des députés de tous bords politiques.

En dehors des questions d'actualité au gouvernement - deux heures par semaine -, "à tous les autres temps de séance, l'opposition n'aura plus, ou quasiment plus, de temps de parole. C'est évidemment impossible, inacceptable", a poursuivi l'élu de la Manche. "On aura des membres présents sur tous les bancs mais des membres muets. Ce n'est pas ce que nous voulons".

Le député MoDem Sylvain Waserman a déploré sur LCP une "radicalisation" de l'opposition, qu'il a rapprochée des résultats des élections européennes de dimanche.

"Le tiers de nos articles sont sur des avancées des droits de l'opposition", a-t-il fait valoir, regrettant le boycott des élus de la séance du jour.

"Personnellement, la chaise vide, je n'ai jamais pensé que c'était une façon constructive d'avancer", a-t-il dit. "Je trouve ça dommageable de voter un texte sans l'opposition."

(Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)


click here for restriction
©2019 Reuters

Reuters

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com