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L'Onu poursuit son enquête à Damas, réunion à New York

L'Onu poursuit son enquête à Damas, réunion à New York

par Oliver Holmes et Erika Solomon

BEYROUTH (Reuters) - Des experts des Nations unies se sont rendus mercredi en zone rebelle dans la banlieue de Damas, pour la deuxième fois en trois jours, afin d'enquêter sur l'attaque chimique présumée qui aurait fait plusieurs centaines de morts il y a une semaine.

À la suite de cette attaque, que les Etats-Unis et leurs alliés imputent aux forces du président Bachar al Assad, la perspective de frappes aériennes occidentales en Syrie se précise. La France a estimé que le "massacre chimique de Damas" ne pouvait rester impuni.

L'équipe des Nations unies a poursuivi ses investigations et recueilli des éléments sur place. Elle avait déjà été autorisée à se rendre lundi dans des zones rebelles proches de la capitale.

En visite à La Haye, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a estimé qu'il fallait encore quatre jours aux experts pour mener à bien leurs travaux sur place. Il s'agira ensuite d'analyser scientifiquement les éléments recueillis et de présenter les conclusions au Conseil de sécurité de l'Onu, a-t-il dit.

Tant que les experts seront à Damas, des frappes occidentales paraissent peu probables afin de ne pas les mettre en danger.

Les inspecteurs avaient quitté dans la matinée leur hôtel du centre de la capitale syrienne et franchi la ligne de front pour se rendre dans le faubourg de Zamalka, à l'est de la ville. Ils ont regagné leur hôtel dans l'après-midi.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, qui a reçu l'appui "unanime" de son conseil de sécurité nationale, a annoncé que le Royaume-Uni avait préparé un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'Onu condamnant le régime syrien et autorisant les mesures nécessaires pour protéger la population civile.

L'AVAL DE L'ONU

Le Conseil s'est réuni pour examiner ce texte mais la Chine et la Russie, alliées de Damas, devraient s'opposer à son adoption.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Vladimir Titov, a jugé que le Conseil de sécurité devait attendre les conclusions des experts avant d'envisager une réponse.

À Bruxelles, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a estimé que l'usage d'armes chimiques par le gouvernement syrien était "inacceptable" et ne pouvait "rester sans réponse".

À Damas, la plupart des bâtiments de l'armée ont été évacués mercredi dans l'attente d'une attaque et la population a commencé à faire des réserves d'eau et de provisions.

Le gouvernement syrien affirme que ce sont les rebelles qui ont eu recours aux armes chimiques. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Fayçal Makdad, a déclaré mercredi qu'Américains, Britanniques et Français avaient aidé les "terroristes" à utiliser du gaz sarin en Syrie.

Pour l'émissaire spécial de l'Onu sur la Syrie, Lakhdar Brahimi, une éventuelle intervention militaire occidentale devra être approuvée par le Conseil de sécurité. "Je pense que le droit international est clair à ce sujet. Le droit international dit qu'une action militaire doit être prise après une décision du Conseil de sécurité", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Genève.

En laissant prévoir de prochaines frappes aériennes contre le régime d'Assad, même sans l'aval de l'Onu, les Etats-Unis ont souligné qu'il ne s'agissait pas d'entraîner un "changement de régime" à Damas mais seulement de punir le recours aux armes chimiques.

L'IRAN CRAINT UN "DÉSASTRE"

Ces déclarations n'ont pas convaincu la Chine. Le Quotidien du peuple, organe du Parti communiste chinois, évoque l'invasion de l'Irak en 2003, quand les Américains accusaient Saddam Hussein de disposer d'armes de destruction massive jamais découvertes par la suite.

Pour la Russie, une attaque contre la Syrie ne fera que déstabiliser encore plus le pays et la région.

Le Guide suprême de la révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei, a jugé qu'une intervention américaine en Syrie serait "un désastre pour la région".

L'Irak, voisin de la Syrie, a placé ses forces en état d'alerte renforcée.

Israël a rappelé une petite fraction de ses réservistes et renforcé ses défenses anti-missiles de crainte d'éventuelles attaques de représailles de la part de Damas. Israël redoute aussi des tirs de roquettes du Hezbollah libanais, allié militaire de la Syrie.

Mardi, le vice-président américain Joe Biden a affirmé n'avoir "aucun doute" sur la responsabilité des gouvernementaux dans l'attaque chimique du 21 août.

Un avis partagé par David Cameron qui a prôné une action "ciblée" contre le régime de Damas. Un débat est prévu jeudi au Parlement de Westminster. Comme les Américains, les Britanniques ont des navires de guerre en Méditerranée. Ils disposent aussi d'une base aérienne à Chypre, à 200 km des côtes syriennes.

La France a également poursuivi la préparation d'une éventuelle participation à des frappes internationales, avec un conseil de défense et la convocation du Parlement en session extraordinaire mercredi prochain.

Avec Mariam Karouny à Beyrouth, Steve Gutterman à Moscou, Ben Blanchard à Pékin, John Irish, Elizabeth Pineau et Julien Ponthus à Paris, Guy Kerivel pour le service français, édité par Gilles Trequesser


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