L'Onu met fin à l'enquête sur les crimes de guerre présumés au Yémen

L'Onu met fin à l'enquête sur les crimes de guerre présumés au Yémen
L'Onu met fin à l'enquête sur les crimes de guerre présumés au Yémen
Crédit photo © Reuters

par Stephanie Nebehay

GENEVE (Reuters) - Plusieurs membres du Conseil des droits de l'homme de l'Onu, dont Bahreïn et la Russie, se sont prononcés jeudi contre un projet de résolution visant à prolonger l'enquête sur des crimes de guerre présumés au Yémen, marquant une défaite cinglante pour les pays occidentaux désireux de voir les travaux se poursuivre.

Les Pays-Bas avaient soumis un texte prévoyant d'accorder deux années supplémentaires aux enquêteurs indépendants de l'Onu pour examiner les violences au Yémen, où une coalition menée par l'Arabie saoudite intervient militairement depuis 2015 contre les rebelles chiites Houthis soutenus par l'Iran.

C'est la première fois dans l'histoire du Conseil, créé il y a quinze ans, qu'un projet de résolution est rejeté.

Les enquêteurs onusiens ont déclaré par le passé que de possibles crimes de guerre avaient été commis par toutes les parties prenantes au conflit, qui a fait plus de 100.000 morts et contraint plus de 4 millions de personnes à fuir.

"Le Conseil a laissé tomber le peuple yéménite", a déclaré l'ambassadeur néerlandais Peter Bekker, notant qu'il s'agissait d'un revers majeur. "Avec ce vote, le Conseil a mis fin à son mandat de rapport, coupant cette bouée de sauvetage du peuple yéménite".

Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies, estime qu'il est toujours nécessaire que des comptes soient rendus au Yémen, a indiqué son porte-parole.

"Nous allons continuer de pousser pour que des comptes soient rendus au Yémen, où (...) les civils ont vu des crimes répétés être commis contre eux", a déclaré Stephane Dujarric à des journalistes à New York.

Durant les débats, l'ambassadeur de Bahreïn, Yusuf Abdulkarim Bucheeri, a reproché au groupe international d'enquêteurs d'avoir "contribué à répandre de fausses informations sur la situation sur le terrain" au Yémen.

Allié de l'Arabie saoudite, Bahreïn a convoqué un vote lors duquel 21 pays se sont prononcés contre le projet de résolution des Pays-Bas. Parmi ces pays figurent la Chine, Cuba, le Pakistan, la Russie, le Venezuela et l'Ouzbékistan.

Dix-huit pays, dont la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne, souhaitaient la poursuite de la mission des enquêteurs onusiens. Sept pays se sont abstenus. Les Etats-Unis ont eux seulement un rôle d'observateur.

(Reportage Stephanie Nebehay à Genève, avec Michelle Nichols à New York et Ghaida Ghantous à Dubaï; version française Jean Terzian)

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