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L'issue des "midterms" profite aux actions, pas au dollar

L'issue des "midterms" profite aux actions, pas au dollar
Crédit photo © Reuters

par Marc Angrand

PARIS (Reuters) - Wall Street devrait ouvrir en nette hausse mercredi et les Bourses européennes progressent à mi-séance, les résultats des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, les "midterms", levant une incertitude qui pesait sur la tendance, alors que le dollar et les rendements des Treasuries reculent face à la perspective de nouveaux obstacles aux projets de relance budgétaire de Donald Trump.

Les contrats à terme sur les principaux indices boursiers américains signalent une ouverture de Wall Street en hausse de plus de 0,7% pour le Dow Jones et le Standard & Poor's 500 et de plus de 1% pour le Nasdaq.

À Paris, le CAC 40 gagne 1,32% à 5.142,00 points vers 12h30 GMT. À Francfort, le Dax prend 0,99% et à Londres, le FTSE 100 avance de 1,25%. L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 est en hausse de 1,2%, l'EuroStoxx 50 de la zone euro de 1,29% et le Stoxx 600 de 1,09%.

Si les résultats définitifs du scrutin de mardi ne sont pas encore connus, le camp démocrate peut espérer gagner une trentaine de sièges à la Chambre des représentants alors que 23 lui suffisaient pour reprendre la majorité aux républicains, mais ces derniers gardent le contrôle du Sénat, où ils gagnent même quatre sièges.

Le président Donald Trump limite donc le revers subi par son camp: même s'il doit s'attendre à voir la nouvelle majorité démocrate de la Chambre s'opposer à certains de ses projets de réforme, notamment en matière de fiscalité ou de dépenses d'infrastructures, il peut écarter tout risque de voir aboutir une hypothétique procédure de destitution ("impeachement").

La perspective d'un soutien budgétaire moins important que celui souhaité par la Maison blanche au cours des deux prochaines années pourrait toutefois peser sur les perspectives de croissance de l'économie et des profits et freiner le cycle de hausse des taux engagé par la Réserve fédérale, soulignent de nombreux observateurs.

Dans l'immédiat, la levée des incertitudes semble l'emporter aux yeux de la majorité des investisseurs, d'autant que c'est le résultat le plus largement anticipé qui l'a emporté.

Mais certains s'interrogent déjà sur le risque de voir Wall Street privée, d'ici la présidentielle américaine de 2020, d'une partie des baisses d'impôts qui ont dopé les cours depuis deux ans.

"Si les républicains avaient tout balayé aujourd'hui, cela aurait conduit à davantage de soutien budgétaire mais aussi à des taux d'intérêt plus élevés et à une possible accélération de l'action de la Fed", explique ainsi Keith Lerner, responsable de la stratégie d'investissement de SunTrust Advisory Services.

"Donc après la réaction positive initiale, j'ai le sentiment qu'il pourrait y avoir un mouvement de compensation lié à la hausse des taux d'intérêt."

TAUX

L'hypothèse d'une diminution du soutien fiscal et budgétaire susceptible de freiner le resserrement de la politique monétaire pèse sur les rendements des emprunts d'Etat américain: ceux des Treasuries à dix et 30 ans cèdent près de deux points de base, à 3,20% et 3,41% respectivement.

La Fed entame ce mercredi sa réunion de politique monétaire mais les économistes s'attendent à ce qu'elle laisse le taux des "fed funds" inchangé au lendemain des élections et à ce qu'elle attende le 19 décembre pour annoncer le quatrième relèvement depuis le début de l'année.

Le rendement du Bund allemand à dix ans est lui en hausse à 0,458%, au plus haut depuis deux semaines, le regain d'appétit pour le risque éloignant les investisseurs des marchés obligataires.

CHANGES

Comme les rendements des Treasuries, le dollar souffre des doutes sur la relance budgétaire américaine et l'évolution des taux de la Fed dans les deux ans à venir: le billet vert abandonne 0,5% face à un panier de devises de référence et l'euro remonte à plus de 1,1480 dollar après un pic à 1,15, au plus haut depuis le 22 octobre.

La livre sterling reste quant à elle soutenue par les espoirs d'un accord prochain sur les modalités de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET

Au-delà de la réaction générale de Wall Street aux résultats des "midterms", on suivra entre autres les secteurs les plus exposés aux enjeux politiques, comme la pharmacie, et ceux dont les performances peuvent être influencées par les perspectives d'évolution des taux, comme la finance ou l'immobilier.

Aucun indicateur économique américain majeur à l'agenda du jour.

LES VALEURS EN EUROPE

La plus forte hausse sectorielle sur les marchés européens est pour le compartiment du pétrole et du gaz (+1,81%), qui profite de la remontée du prix du baril.

Le secteur de la distribution (+2,03%) est quant à lui tiré par le groupe belgo-néerlandais Ahold Delhaize, qui bondit de 6,11% après des résultats financiers meilleurs que prévu.

La plus forte hausse du Stoxx 600 est pour le spécialiste allemand de la dialyse Fresenius Medical Care, qui prend 9,25% après le rejet par les électeurs californiens d'un projet de plafonnement des profits des centres de dialyse.

Les banques espagnoles profitent quant à elles de l'annulation d'une décision judiciaire qui les aurait obligées à s'acquitter des droits de timbre sur les prêts immobiliers payés jusqu'à présent par leurs clients. Caixabank gagne 2,41%, Santander 2,78%, BBVA 1,98%.

En baisse, Crédit agricole SA abandonne 1,34%, la plus forte baisse du CAC, les performances de ses activités de marchés au troisième trimestre étant jugées décevantes.

PÉTROLE

Le cours du Brent, tombé mardi à son plus bas niveau depuis le mois d'août, rebondit nettement, à plus de 73 dollars, en profitant notamment des informations de l'agence russe Tass selon lesquelles Moscou et Ryad discutent d'une possible réduction de leur production l'an prochain.

Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend plus de 1% et remonte vers 63 dollars alors qu'il était tombé à 61,31 dollars, au plus bas depuis mars.

Le marché attend à 15h30 GMT les chiffres hebdomadaires de l'Energy Information Administration (EIA) américaine sur les stocks pétroliers aux Etats-Unis.

(Avec Lewis Krauskopf à New York, édité par Wilfrid Exbrayat)


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