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L'Insee voit la croissance ralentir en France mais pas caler

L'Insee voit la croissance ralentir en France mais pas caler
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - La croissance de l'économie française devrait ralentir à 1,7% en 2018 dans le sillage de la zone euro, sur fond de remontée de l'euro et des cours du pétrole, ainsi que des incertitudes liées aux tensions protectionnistes, estime l'Insee.

Elle évoluerait ainsi bien en deçà de son pic de dix ans (2,3%) touché en 2017, mais l'institut ne voit pour l'instant aucun signe de retournement qui la ramènerait aux trois années d'activité molle - 1,0% ou à peine plus - qui l'avaient précédé.

"Notre hypothèse est que la croissance française en a encore sous le pied même si son rythme est moindre qu'en 2017", a déclaré Julien Pouget, chef du département conjoncture de l'Insee, en présentant mardi la première prévision du produit intérieur brut (PIB) de l'institut pour l'année en cours.

A 1,7%, elle se situe en retrait de celles des organisations internationales, qui s'échelonnent pour l'instant entre 1,9% et 2,1%, et de celle, plus récente, de la Banque de France, ramenée à 1,8%.

Elle est aussi inférieure à celle du gouvernement (2,0%) dans son programme de stabilité pluriannuel diffusé en avril.

Mais elle ne change pas la donne pour le budget 2018, construit l'automne dernier sur une hypothèse de PIB en hausse de 1,7%, si ce n'est que la bonne surprise du bond des recettes fiscales générées par l'activité plus forte que prévu en 2017 risque fort de ne pas se reproduire cette année.

Ce ralentissement est général en zone euro, en témoigne le tassement du climat des affaires dans tous ses pays après une fin 2017 euphorique, qui s'est traduit par un premier trimestre poussif pour le PIB (+0,4% en zone euro et +0,2% en France après +0,7% dans les deux cas au 4e trimestre 2017).

L'ENVIRONNEMENT RESTE PORTEUR

Outre un contrecoup à la forte dynamique de 2017, l'Insee y voit la conséquence de plusieurs facteurs : les prix du pétrole, dont la hausse sur un an a été de 23% au premier trimestre et a accéléré depuis ; la progression sensible de l'euro, même si la tendance s'est inversée fin avril ; les tensions protectionnistes nourries par l'administration américaine.

S'y ajoute, pour la seule France, un contrecoup aux livraisons d'Airbus élevées de la toute fin d'année, un phénomène constaté maintenant depuis 2015, et une consommation des ménages atone pour cause de calendrier fiscal défavorable (hausses de la CSG, des carburants et du tabac).

Mais l'Insee juge que, "malgré ces nuages, l'environnement économique reste porteur" et que la demande extérieure adressée à la France devrait repartir dès le deuxième trimestre.

Il revoit cependant en baisse à 0,3%, contre 0,4% auparavant, sa prévision de croissance pour le seul deuxième trimestre. Au passage, l'institut estime que les grèves dans les transports (SNCF et Air France) auraient un impact négatif d'"au plus 0,1 point de PIB" sur la période, qui serait rattrapé dès le trimestre suivant en cas de retour à la normale.

Ses premières anticipations pour les troisième et quatrième trimestres se situent toutes deux à +0,4%.

DÉCRUE DU CHÔMAGE PLUS LENTE

L'emploi devrait suivre le rythme de la croissance et l'Insee table sur 183.000 créations nettes en 2018, un rythme encore élevé quoique bien loin des 340.000 de 2017.

Dans ce contexte, l'Insee voit une poursuite de la décrue du chômage, avec un taux au sens du BIT qui reviendrait à 8,8% à la fin de l'année pour la France entière (Dom inclus), soit 0,2 point de moins que fin 2017.

La croissance serait alimentée par un investissement des entreprises toujours dynamique, tout particulièrement en services, et le commerce extérieur.

Les exportations repartiraient dès le deuxième trimestre et leur progression sur l'année atteindrait 4,4%, nettement plus que celle des importations (+2,6%), avec pour conséquence que la contribution des échanges au PIB de l'année atteindrait 0,5 point, contre 0,1 en 2017.

Dans le même temps, l'Insee voit la consommation des ménages évoluer quasiment au même rythme qu'en 2017 (+1,0% après +1,1%).

Après un premier semestre difficile, leurs achats de biens accéléreraient à partir de l'été à la faveur notamment d'un regain de pouvoir d'achat avec la suppression du reliquat de cotisations d'assurance chômage pour les salariés et la première étape de réduction de la taxe d'habitation.

Ce pouvoir d'achat sera toutefois entamé par l'inflation, dont le rythme annuel culminerait à 2,3% pendant l'été en raison de la hausse des produits pétroliers, pour revenir à 1,7% fin 2018.

(Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)


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