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L'idée d'un référendum sur les institutions fait son chemin

L'idée d'un référendum sur les institutions fait son chemin
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - L'idée d'un référendum à choix multiples sur les institutions à l'issue du "grand débat national" post-crise des "Gilets jaunes" fait son chemin dans les rangs de la majorité et du gouvernement, qui y voient une manière de répondre aux revendications des manifestants sans perdre la main.

"Le référendum, c'est la parole qui est donnée au peuple, quelle que soit la façon dont on la donne au peuple, moi je suis favorable à ce référendum d'initiative civique", a déclaré jeudi le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire.

"Ne préjugeons pas de l'issue (du débat), ce sera au président de la République de décider", a-t-il ajouté sur France Inter, "mais j'ai toujours considéré qu'il ne fallait pas avoir peur du peuple, et que la meilleure réponse au nationalisme, au populisme qu'on dénonce ici où là, elle tient à la force des réponses qu'on apporte aux problèmes que rencontrent les gens et le courage de donner la parole au peuple".

Invités respectivement sur CNews et sur BFM TV, le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin et son secrétaire d'Etat Olivier Dussopt se sont également déclarés favorables au référendum tout en rappelant qu'il s'agirait in fine d'une décision du chef de l'Etat.

Evoquée la première fois par Emmanuel Macron en juillet 2017 lors de son discours au Congrès, l'option du référendum pour mener à bien la réforme des institutions - une promesse de campagne - a pris une nouvelle dimension ces dernières semaines avec la crise des "Gilets jaunes".

Les manifestants, qui protestaient initialement contre la hausse de la taxe carbone, ont élargi leurs revendications à la question du pouvoir d'achat et réclament également plus de démocratie participative, via la tenue de référendum d'initiative citoyenne (RIC).

Le chef de l'Etat pourrait préciser ses intentions dans la lettre qu'il adressera aux Français mi-janvier avant le début de la deuxième phase du débat qui sera organisé autour de quatre grands thèmes (transition écologique, fiscalité, organisation de l'Etat et démocratie et citoyenneté).

"Nous devons, grâce au débat qui a commencé, redonner toute sa vitalité à notre démocratie, j'aurai sur ce sujet des décisions à prendre car d'évidence, nos institutions doivent continuer à évoluer", a-t-il estimé lundi à l'occasion de ses voeux aux Français pour 2019.

PRUDENCE SUR LES RIC

A l'heure actuelle, le référendum à questions multiples est une simple "piste à l'étude", a souligné lundi le député de la République en Marche (LaRem) Sacha Houlié, réputé proche d'Emmanuel Macron, sur LCI.

"Faut-il réduire le nombre de parlementaires ? Faut-il introduire une dose de proportionnelle ? Faut-il instaurer le vote blanc ? Faut-il instaurer un non-cumul des mandats non plus entre une fonction exécutive locale et une fonction parlementaire mais maintenant dans le temps, trois mandats maximum pour tous ?", a-t-il listé. "Je fais partie de ceux qui estiment que si ces mesures sont plébiscitées par les Français, et je crois qu'elles le sont, eh bien on doit pouvoir se poser la question de dire : 'demandons-leur leur avis'".

Reste à savoir si le référendum à choix multiples - préféré à un référendum à question unique qui risquerait de se transformer en vote plébiscite ou sanction de l'exécutif - suffira à répondre aux attentes des "Gilets jaunes" qui réclament eux des RIC, une option observée avec prudence par le gouvernement.

"Le référendum peut être un bon instrument dans une démocratie, mais pas sur n'importe quel sujet ni dans n'importe quelles conditions", a prévenu le Premier ministre Edouard Philippe dans une interview aux Echos en décembre.

"Je suis extrêmement prudent comme tout le monde doit l'être sur ce type de question", a renchéri Olivier Dussopt jeudi. "S'il s'agit comme certains l'ont prétendu de rouvrir des sujets qui ont été tranchés par le Parlement et de manière extrêmement majoritaire il y a quelques années sur des questions de société, s'il s'agit de rouvrir des débats qui sont extrêmement tendus et qui relèvent parfois de l'éthique, de la conscience personnelle, je ne suis pas favorable à des consultations qui seraient des sources de division".

(Marine Pennetier, avec Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse)


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