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L'ex-garde du corps de Riss va porter plainte pour diffamation

L'ex-garde du corps de Riss va porter plainte pour diffamation
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Un ex-officier de sécurité du directeur de Charlie Hebdo, Riss, suspendu du service de protection (SDLP), a été soupçonné à tort de radicalisation, ont assuré mardi à Reuters des collègues de ce moniteur de tir, délégué syndical, et son avocat.

Me Pascal Markowicz a précisé à Reuters que son client allait porter plainte pour diffamation et sans doute engager également un recours administratif.

"Il y a eu une atteinte à son honneur et sa considération", précise l'avocat. "S'il y a vraiment quelqu'un au-dessous de tout soupçon de radicalisation, c'est bien lui. Mon client nie de la façon la plus ferme toutes les affirmations concernant une prétendue radicalisation et il entend faire valoir ses droits."

Chargé pendant sept ans de la protection de l'imam modéré de Drancy, Hassen Chalghoumi, ce policier était jusqu'ici jugé irréprochable et félicité à maintes reprises par ses supérieurs, a-t-on dit à Reuters de mêmes sources.

Il assurait la protection de Riss depuis une dizaine de mois quand il s'est vu refuser son habilitation au secret défense par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) début octobre, précisent ces collègues et l'avocat.

Il serait reproché à ce policier d'une quarantaine d'année marié à une avocate d'avoir diffusé sur un réseau social une vidéo montrant des combattants tirant à la kalachnikov et se terminant par un chant religieux, ajoutent-ils.

Selon les mêmes sources, ce moniteur de tir entendait juste montrer aux collègues auxquels il avait adressé cette vidéo les erreurs commises par ces combattants dans la manipulation de l'arme favorite des djihadistes.

SANS EXPLICATION

"Cela ne fait pas de lui quelqu'un de radicalisé. Il a un passé professionnel qui démontre tout le contraire", commente son avocat. "Il est tout sauf radicalisé", renchérit un de ses collègues, familier de ce dossier, interrogé par Reuters.

"On ne l'a jamais interrogé. Son supérieur lui a seulement dit un jour qu'il y avait un problème avec son habilitation, sans lui donner d'explication", fait valoir un autre collègue.

Il n'a pas été suspendu mais mis en congé en attendant sa mutation dans un autre service, précise-t-on de mêmes sources.

Me Pascal Markowicz juge "ambiguë" l'attitude de la hiérarchie du policier et de l'administration : "Il est monté d'un échelon, il n'est pas poursuivi sur le plan judiciaire (...) On ne propose pas à quelqu'un soupçonné de radicalisation de postuler à n'importe quel service. Ça veut dire qu'on veut se débarrasser de lui, ça veut dire qu'il dérange."

Mais "il ne souhaite pas être affecté à un autre service que celui pour lequel il travaille depuis 2009", ajoute l'avocat.

Interrogé par France Inter mardi matin, le procureur de la République de Paris, François Molins, qui quitte ses fonctions après sept ans passés à ce poste sensible, est convenu que le risque de radicalisation existait aussi dans la police et dans les services publics.

Mais il a dit n'avoir eu vent des doutes émis par la DGSI sur ce policier que par la presse. "J'ai été aussi étonné que vous, je n'en sais pas plus", a-t-il déclaré.

La rédaction de Charlie Hebdo a été décimée le 7 janvier 2015 par un attentat qui a fait 12 morts perpétré par deux djihadistes qui ont été abattus ensuite.

(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)


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