L'Europe rattrapée par les inquiétudes sur le variant Omicron

L'Europe rattrapée par les inquiétudes sur le variant Omicron
L'Europe rattrapée par les inquiétudes sur le variant Omicron
Crédit photo © Reuters

par Claude Chendjou

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en baisse mardi et Wall Street évoluait également dans le rouge à mi-séance, le timide rebond entamé la veille par les marchés d'actions étant plombé par de nouveaux doutes quant à l'efficacité des traitements et des vaccins actuels contre le COVID-19 sur le nouveau variant Omicron.

À Paris, le CAC 40 a fini en repli de 0,81% à 6.721,16 points. Le Footsie britannique a reflué de 0,71% et le Dax allemand de 1,18%.

L'indice EuroStoxx 50 a perdu 1,13%, le FTSEurofirst 300 0,95% et le Stoxx 600 0,92%.

Sur l'ensemble du mois, le CAC 40 a perdu 1,59% et le Stoxx 600 2,64%

Stéphane Bancel, le PDG de Moderna (-X%), a estimé mardi qu'il était peu probable que les vaccins actuels contre le COVID-19 soient aussi efficaces contre le variant Omicron que contre les précédentes souches du coronavirus SARS-CoV-2.

Le laboratoire américain Regeneron, qui a mis au point un traitement par anticorps monoclonaux, a lui aussi prévenu que celui-ci pourrait s'avérer moins efficace contre Omicron.

"Ce variant a précipité l'accélération du pire ennemi du marché, l'incertitude", commente Peter Cardillo, économiste marchés chez Spartan Capital Securities. Il dit s'attendre à une certaine volatilité des marchés dans les prochains jours, avec une baisse, suivie d'un léger rebond, puis d'une rechute.

L'indice de la volatilité en Europe est monté en séance à un pic d'un an à 33,07 points avant de réduire ses gains à 4,39% à 30,06 points. Son équivalent américain bondit pour sa part de 22,16% à 28,05 points.

VALEURS EN EUROPE

En Europe, la totalité des grands secteurs de la cote a fini en repli, celui du transport et des loisirs (-2,79%) accusant la baisse la plus marquée sur fond d'inquiétudes dans l'aérien. HSBC estime que le variant Omicron pourrait retarder d'au moins un trimestre le redressement du secteur.

Air France-KLM, pénalisé en outre par un abaissement de conseil de HSBC à "alléger", a lâché 2,88%. La compagnie aérienne scandinave SAS a plongé de 8,49% après avoir souligné que le variant Omicron renforçait le climat d'incertitudes. A Londres, EasyJet a reflué de 1,21%, après avoir fait état d'un ralentissement de la demande à la suite de la découverte d'Omicron.

Au moins 42 cas de contamination par ce variant ont été confirmés dans 10 pays de l'Union européenne mardi.

L'indice Stoxx de l'énergie a reculé pour sa part de 1,3% dans le sillage du repli des cours du pétrole.

Dans l'actualité des entreprises, Inditex a abandonné 6,10% après la nomination de Marta Ortega, la fille du fondateur du groupe, à la présidence de la société en remplacement de Pablo Isla, qui a piloté l'expansion mondiale du spécialiste du prêt-à-porter pendant une décennie.

En tête du CAC 40, Schneider Electric a fini sur un gain de 3,29%, les investisseurs saluant le relèvement de ses objectifs financiers.

A WALL STREET

Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones reculait de 1,35%, le Standard & Poor's 500 de 1,26% et le Nasdaq de 1,33%, les indices étant plombés par les incertitudes autour du variant Omicron et les dernières déclarations de Jerome Powell.

Le président de la Réserve fédérale américaine, auditionné par la commission bancaire du Sénat américain, a estimé que les risques d'une inflation élevée avaient augmenté et qu'il était temps d'abandonner le terme "transitoire" pour décrire la hausse actuelle des prix.

Les compartiments les plus exposés à la pandémie, comme les secteurs du transport aérien (-2,53%), de l'énergie (-1,48%) et des banques (-1,58%), sont en fort repli.

LES INDICATEURS DU JOUR

L'inflation dans la zone euro s'est accélérée plus que prévu en novembre pour atteindre le niveau historique de 4,9% sur un an, du jamais vu depuis le début de la statistique il y a 25 ans, en raison notamment de la flambée des prix de l'énergie, montre mardi la première estimation d'Eurostat.

CHANGES

Sur le marché des changes, l'indice mesurant les fluctuations du billet vert face à un panier de référence s'est retourné, gagnant 0,02% après les propos de Jerome Powell qui donnent à penser à une accélération du "tapering".

Selon le président de la Fed, à ce stade, l'économie est très solide et les pressions inflationnistes particulièrement élevées si bien qu'il convient de mettre fin rapidement au programme d'achats d'actifs de la banque centrale, qui doit en principe expirer mi-2022. L'accélération du tapering devrait être débattue lors de la prochaine réunion du Federal Open Market Committee (FOMC) prévue les 14 et 15 décembre.

L'euro, en repli de 0,15%, se traite à 1,1276 dollar.

TAUX

Sur le marché obligataire, le rendement des bons du Trésor à dix ans recule de 5,8 points de base à 1,4664% au moment de la clôture en Europe, conséquence de la baisse des marchés d'actions et du repli d'une partie des investisseurs sur les emprunts d'Etat.

Le rendement des obligations à cinq ans, remonte en revanche, de 1,2 point de base, en réaction aux propos de Jerome Powell.

En Europe, le Bund allemand à dix ans a fini en repli de 2,2 points de base à -0,345%, tandis que son équivalent français de même échéance s'est contracté de 3,1 points à 0,0100%.

PÉTROLE

Le marché du pétrole est orienté à la baisse, pénalisé par des doutes sur la demande mondiale si les craintes liées au variant Omicron se matérialisent.

Le Brent recule de 3,99%, à 70,53 dollars le baril, à un creux depuis le 1er septembre. Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) chute de 5,63% à 66,01 dollars.

(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)

(Reportage Claude Chendjou, édité par Sophie Louet)

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