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L'Europe rassurée sur le Brexit mais la confiance reste fragile

L'Europe rassurée sur le Brexit mais la confiance reste fragile
Crédit photo © Reuters

par Blandine Henault

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes évoluent en hausse jeudi, mais sans grande conviction, le vote des parlementaires britanniques contre un Brexit sans accord ayant rassuré même si les incertitudes encore nombreuses sur le dossier et la publication d'une statistique chinoise décevante alimentent la prudence.

À Paris, l'indice CAC 40 avance de 0,56% à 5.335,89 points vers 08h45 GMT, à un plus haut de cinq mois. À Francfort, le Dax (+0,1%) est freiné par la chute de Lufthansa et à Londres, le FTSE recule de 0,05% avec le repli des valeurs minières.

La tendance est nettement plus positive sur les indices larges européens, qui évoluent à des plus hauts depuis octobre. L'indice EuroStoxx 50 de la zone euro s'adjuge 0,39%, le FTSEurofirst 300 prend 0,38% et le Stoxx 600 gagne 0,47%.

Comme attendu par les investisseurs, les députés britanniques ont approuvé mercredi soir - par 321 voix contre 278 - un texte qui exclut l'hypothèse d'une sortie non négociée "quelles que soient les circonstances".

La Chambre des communes devra désormais se prononcer jeudi sur une proposition du gouvernement britannique de repousser au 30 juin la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, à condition que l'accord négocié par Londres et Bruxelles soit adopté d'ici le 20 mars.

"Rassembler une majorité contre un 'hard' Brexit est une chose. Avoir une majorité pour autre chose est bien plus difficile", observe Kallum Pickering, économiste chez Berenberg.

"Avec de la chance, nous apprendrons dans les deux prochaines semaines, et peut-être dès aujourd'hui, si une telle majorité existe".

Outre le dossier incertain du Brexit, les opérateurs de marché ont aussi pris connaissance des chiffres de la production industrielle chinoise, qui a connu lors des deux premiers mois de l'année son rythme de croissance le plus faible depuis 17 ans.

La production dans l'industrie chinoise a progressé de 5,3% en rythme annuel en janvier-février, alors que les économistes interrogés par Reuters anticipaient un ralentissement moins net (+5,5%).

VALEURS

La cote en Europe reste par ailleurs animée par des publications de résultats. Lanterne rouge du Stoxx 600, Lufthansa recule de 5,43% après une marge pour 2018 et des prévisions pour 2019 jugées décevantes.

A l'inverse, Lagardère est plébiscité (+4,06%) après avoir dit, à l'occasion de la publication de ses résultats annuels, espérer engranger au total plus d'un milliard d'euros à l'issue d'un vaste programme de cessions.

Le groupe a par ailleurs redit avoir étudié une possible offre de rachat sur Elior avant d'y renoncer au vu des investissements nécessaires, à ses yeux, au cours des premières années, ce qui dope l'action du groupe de restauration collective (+2,52%).

Toujours à Paris, Casino avance de 1,08% après avoir annoncé ses résultats annuels et des prévisions financières à trois ans pour son activité en France.

Iliad (+3,6%) est aussi plébiscité, l'opérateur télécoms ayant revendiqué plus de 100.00 abonnées pour sa nouvelle Free Box Delta dont le succès était jugé crucial pour les perspectives du groupe en difficulté sur le marché de la téléphonie mobile.

A Milan, le groupe de défense Leonardo grimpe de 8,39% en réaction à la publication d'un chiffre d'affaires 2018 meilleur que prévu.

La hausse des cours du brut profite par ailleurs aux valeurs pétrolières en Bourse, dont l'indice Stoxx avance de 0,9%. A Paris, TechnipFMC (+2,31%) est en tête du CAC 40.

EN ASIE

Le chiffre de la production industrielle chinoise a pesé sur les Bourses asiatiques en dépit des annonces parallèles d'un rebond dans l'investissement immobilier et d'une stabilité des ventes au détail en Chine.

L'indice composite de la Bourse de Shanghai a perdu 1,2% et le CSI 300 des grandes capitalisations a reculé de 0,69%.

A Tokyo, le Nikkei a terminé quasiment inchangé (-0,02%) après avoir longtemps évolué dans le vert, porté notamment par SoftBank, qui a dit considérer investir dans la division véhicules autonomes d'Uber.

A WALL STREET

La Bourse de New York a fini en hausse mercredi, les dernières statistiques parues confortant la position prudente adoptée par la Réserve fédérale dans son processus de normalisation monétaire.

L'indice Dow Jones a gagné 0,58%, le S&P-500 a pris 0,69% à 2.810,92 points et le Nasdaq Composite a avancé de 0,69%.

Le fait que les Etats-Unis aient annoncé à leur tour qu'ils immobilisaient au sol les Boeing 737 MAX après la catastrophe d'Ethiopian Airlines a pesé un moment sur le titre de l'avionneur et sur l'ensemble de la cote sans remettre en cause la tendance haussière de fond, l'action Boeing parvenant elle-même à finir dans le vert (+0,56%).

Les contrats à terme sur les indices américains signalent pour l'heure une ouverture très légèrement positive.

CHANGES

La livre sterling abandonne jeudi 0,2% face au dollar, autour de 1,3310, après avoir gagné 2% la veille et touché un plus haut depuis juin 2018, à 1,3383.

"L'Union européenne a mis sous pression le Royaume-Uni en disant que le vote du Parlement sur un Brexit sans accord ne signifiait pas que cela n'arriverait pas. Cet élément particulier maintient un plafond sur le cours de la livre", commente Naeem Aslam, chez Think Markets.

La livre sterling recule également de 0,2% face à l'euro, après un bond de 1,65% mercredi.

La devise unique est stable face au billet vert, autour de 1,1330, et l'"indice dollar", qui mesure ses fluctuations face à un panier de devises de référence, est aussi inchangé.

TAUX

Le rendement des Treasuries à dix ans poursuit sa remontée, à plus de 2,635%, après avoir progressé la veille dans le sillage de la tendance positive sur les Bourses et de la publication d'une faible progression des prix à la production aux Etats-Unis.

En Europe, la tendance est aussi haussière, avec un rendement du Bund allemand à dix ans qui remonte à 0,09%.

PÉTROLE

Les contrats de référence sur le brut évoluent à des plus hauts de l'année, portés par les réductions de production mises en oeuvre par l'Opep et par les sanctions américaines contre le Venezuela et l'Iran.

Le baril de Brent a renoué avec la barre des 68 dollars, qu'il n'avait pas atteinte depuis la mi-novembre, et le baril de brut léger américain (WTI) se traite à plus de 58,50 dollars.

(Édité par Patrick Vignal)


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