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L'Europe en repli, le rebond spectaculaire n'a pas tenu

L'Europe en repli, le rebond spectaculaire n'a pas tenu
Crédit photo © Reuters

par Juliette Rouillon

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en net repli jeudi après avoir tenté un redressement en début de séance, affaiblies par la rechute de Wall Street au lendemain d'un rebond spectaculaire, dans des marchés repris par les inquiétudes sur l'économie mondiale et le conflit commercial sino-américain.

Les marchés d'actions ont accentué leurs pertes après l'annonce en milieu d'après-midi d'un indice de confiance du consommateur américain décevant. Le pétrole est retombé aussi, ainsi que le dollar, au profit des valeurs refuge comme le yen, le franc suisse, les obligations et l'or.

À Paris, l'indice CAC 40 a fini en recul de 0,6% à 4.598,61 points. Le Footsie britannique de 1,5% et le Dax allemand, qui était fermé lors de la séance négative de la veille de Noël, de 2,37%.

L'indice EuroStoxx 50 a cédé 1,22%, le FTSEurofirst 300 1,83% et le Stoxx 600 1,69%, retrouvant ainsi ses plus bas niveaux depuis novembre 2016.

Le Stoxx 600 est toujours en passe d'accuser son plus net recul annuel depuis 2008, en baisse de plus de 15% depuis le début de l'année.

"On a connu une journée explosive sur les marchés américains hier, ce qui a déclenché une vague d'optimisme dans l'espoir que ce soit une séance décisive de retournement du marché, mais la tendance haussière n'a pas vraiment tenu (...)", souligne Lee Hardman, analyste chez MUFG à Londres.

L'annonce par Donald Trump mercredi qu'il était prêt à attendre le temps qu'il faudrait pour obtenir les cinq milliards de dollars qu'il demande au Congrès pour la construction d'un mur anti-immigration à la frontière avec le Mexique a contribué à alourdir le sentiment de marché. Le Congrès reprenait ses débats ce jeudi après la trêve de Noël.

Autre facteur baissier: selon plusieurs sources, Trump envisage d'interdire aux entreprises américaines d'utiliser des équipements télécoms des groupes chinois Huawei et ZTE, de quoi compliquer la résolution des tensions entre Washington et Pékin.

Washington et Pékin ont néanmoins prévu une réunion en face-à-face sur le commerce pour janvier, a annoncé le ministère chinois du Commerce.

Alors que les marchés japonais et australiens avaient bien progressé dans la matinée, les Bourses chinoises ont terminé sur une note négative, le CSI 300 ayant perdu 0,4%, affaiblies par l'annonce de bénéfices des entreprises industrielles chinoises en baisse en novembre pour la première fois en près de trois ans avec le ralentissement de la demande extérieure et intérieure dans un contexte de tensions avec les Etats-Unis.

L'indice MSCI mondial perdait 0,75% à la clôture en Europe.

VALEURS

Tous les secteurs ont terminé dans le rouge en Europe, même si la distribution a relativement mieux résisté que les autres grâce aux achats de Noël (-0,75%) aux Etats-Unis (-0,27%), ainsi que les valeurs technologiques (-0,58%).

A Paris, Vinci a pris jusqu'à 1,7% à la suite d'un accord pour devenir actionnaire majoritaire de Gatwick avec le rachat de 50,01% des parts du deuxième aéroport britannique pour environ 2,9 milliards de livres (3,2 milliards d'euros). Le titre avait réduit ses gains à 0,2% en clôture.

Le secteur des banques italiennes a cédé 1,13%, affecté par la décision du premier actionnaire de Banca Carige (-18,75%) de bloquer le projet d'une augmentation de capital de 400 millions d'euros. Le principal actionnaire de Banca Carige doit discuter de l'avenir de la banque génoise en difficulté lors d'une rencontre avec les superviseurs de la banque centrale européenne (BCE) ce jeudi, après avoir mis son veto à un projet d'injection d'argent frais dans l'établissement, selon un source proche du dossier.

A WALL STREET

Street perdait entre 1,5% et 2,2% à la clôture des marchés en Europe, après un rebond de 5% à 6% la veille, le Dow Jones ayant gagné pour la première fois plus de 1.000 points en une séance et les grands indices ayant réalisé leurs gains en pourcentage les plus élevés en près de dix ans.

Un indice de confiance du consommateur décevant pour le mois de novembre a tempéré l'optimisme alimenté la veille par une étude de Mastercard annonçant les meilleures ventes de fin d'année aux Etats-Unis depuis six ans.

Outre les ventes de Noël et un rebond technique, Wall Street avait profité des efforts de la Maison Blanche pour rassurer les investisseurs. Malgré le rebond, le Dow et le S&P restent en repli de plus de 10% sur le mois de décembre, en passe d'accuser leur plus forte perte mensuelle depuis février 2009.

LES INDICATEURS DU JOUR

L'indice de confiance du consommateur américain est ressorti inférieur aux attentes en décembre, à son plus bas niveau depuis juillet.

La publication des ventes de logements neufs par le département du Commerce n'a pas eu lieu en raison du "shutdown" partiel du gouvernement, comme l'a rapporté mercredi le Wall Street Journal citant une porte-parole.

CHANGES

Le dollar a baissé face au yen, relâchant l'essentiel de ses gains de la veille, dans un climat d'inquiétude et de fuite vers les valeurs refuge.

Le billet vert recule de 0,38% face à un panier de devises de référence dont l'euro, qui gagne lui 0,56% autour de 1,1415 dollar.

TAUX

Avec le retour de l'aversion au risque, les investisseurs reviennent aussi vers les obligations dont les rendements retombent mécaniquement.

En Europe, le rendement du Bund allemand à 10 ans recule à 0,23% contre 2,252% la veille, après être tombé à un plus bas de six mois à 0,20% la semaine dernière.

Le rendement des Treasuries à 10 ans cède plus de quatre points de base autour de 2,756%.

PÉTROLE

Les cours du brut sont repartis à la baisse, après avoir bondi de 8% la veille, repris par les craintes d'un excès d'offre.

Le baril de Brent de Mer du Nord perd 3% pour retomber sous 53 dollars et le baril de brut léger américain cède 2,6% à 45 dollars.

Le marché prendra connaissance des chiffres des stocks de brut américain de l'American Petroleum Institute (API), à 21h30 GMT, avant les statistiques hebdomadaires de l'Energy Information Administration (EIA) vendredi.

A SUIVRE VENDREDI:

Les investisseurs seront attentifs à l'estimation flash de l'inflation allemande et à l'indice PMI de Chicago de décembre pour les deux.

(Avec Abhinav Ramnarayan, Medha Singh à Bangalore et Trevor Hunnicutt, édité par Jean-Michel Bélot)


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