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L'Europe boursière en hausse pour clôturer une année 2018 chahutée

L'Europe boursière en hausse pour clôturer une année 2018 chahutée
Crédit photo © Reuters

par Blandine Henault

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes ouvertes en cette dernière séance de l'année évoluent en hausse lundi, favorisées par un regain d'espoirs sur le commerce pas suffisant néanmoins pour effacer le net repli accusé par l'ensemble des marchés d'actions en 2018.

À Paris, l'indice CAC 40 avance de 0,54% à 4.704,17 points vers 08h50 GMT pour une séance écourtée qui se clôturera à 13h GMT.

A Londres, le FTSE, qui fermera à 11h30 GMT, gagne 0,11% tandis que le Dax à Francfort est resté fermé ce lundi.

Le CAC 40 parisien s'achemine vers un repli de plus de 11% en 2018, sa plus mauvaise performance depuis 2011. Le FTSE perd plus de 12% et le Dax a reculé de 18,26%, la pire année des deux indices depuis 2008.

L'indice EuroStoxx 50 de la zone euro gagne 0,22% lundi mais s'apprête à clôturer l'année sur une perte de plus de 14% et le Stoxx 600 (+0,29%) accuse un repli annuel de 13,4%, sa plus forte baisse en dix ans.

Donald Trump a évoqué samedi de "grands progrès" dans les négociations commerciales avec la Chine, ce qui offre un peu d'optimisme aux investisseurs en cette toute fin d'année.

La tendance a été positive ce lundi en Asie et les contrats à terme à Wall Street signalent une ouverture en hausse autour de 0,9% pour une séance qui sera entière.

VALEURS

Les volumes restent faibles et les mouvements limités en Europe pour cette dernière séance de l'année. Le secteur européen de la distribution (+0,85%) profite néanmoins de la hausse de Kering (+2,36%), en tête du CAC 40, suivi par son concurrent LVMH (+1,22%).

Le segment du luxe figure parmi les meilleures performances du CAC 40 cette année, avec des hausses allant de 3% à 8%, en dépit du ralentissement économique de la Chine, un marché crucial pour le secteur.

Peugeot, en hausse de plus de 7% cette année, se distingue assez nettement du reste du secteur automobile européen, qui a accusé une année "noire".

L'indice Stoxx automobile signe avec les banques la plus mauvaise performance sectorielle cette année (-28%), plombé par la montée des tarifs douaniers, le ralentissement du marché automobile chinois et les nouvelles normes anti-pollution qui ont particulièrement impacté les constructeurs automobiles allemands.

De son côté, Peugeot a bénéficié de l'amélioration considérable de ses marges et du redressement, entrepris pour l'heure avec succès, de sa filiale allemande Opel.

Lanterne rouge du CAC 40 en 2018, Valeo (+0,28%) a chuté de plus de 60% cette année, après avoir multiplé les avertissements sur résultats.

EN ASIE

L'indice CSI 300 des grandes capitalisations de Chine continentale a clôturé en hausse de 0,67% mais accuse sur l'ensemble de l'année une chute de 25,31%, sa pire performance en dix ans. De son côté, la Bourse de Hong Kong a clôturé la séance sur un gain de 1,34% et l'année sur une perte de 13,61%.

L'optimisme sur le front du commerce a permis de compenser la publication des indices PMI officiels chinois, qui ont montré que l'activité dans le secteur manufacturier chinois s'était contractée en décembre pour la première fois depuis plus de deux ans.

La Bourse de Tokyo est quant à elle restée fermée, et le restera jusqu'à jeudi. L'indice Nikkei a clôturé 2018 sur un repli de 12,08%, sa plus mauvaise performance depuis 2011.

A WALL STREET

La Bourse de New York a fini en baisse vendredi, interrompant son rebond de mercredi et jeudi après trois semaines de correction et une chute spectaculaire à la veille de Noël. La faiblesse des volumes et le rôle des algorithmes expliquent cette grande volatilité, selon des observateurs.

L'indice Dow Jones a perdu 0,33%, le S&P-500 a cédé 0,12% tandis que le Nasdaq Composite a avancé de 0,08%.

Sur la semaine dernière, le Dow a gagné 2,75%, après une lourde chute lundi, suivie d'un rebond record de plus de 1.000 points au lendemain de Noël et un redressement spectaculaire en fin de séance jeudi. Le S&P a progressé de 2,86% et le Nasdaq de 3,97%.

Les indices américains restent néanmoins en repli de plus de 9% sur décembre, plus net recul mensuel depuis février 2009, et sont en passe d'accuser leurs plus fortes pertes annuelles depuis 2008.

TAUX

La grande volatilité des actions a alimenté l'appétit des investisseurs pour les actifs refuges, comme les obligations souveraines. Le rendement de l'emprunt d'Etat japonais à dix ans est retombé lundi en territoire négatif pour la première fois depuis septembre 2017.

Celui des Treasuries de même échéance est retombé à 2,713%, un plus bas depuis février, avant de revenir autour de 2,72%.

Le marché obligataire américain fermera plus tôt lundi (à 19h00 GMT) et sera fermé pour le Nouvel an.

En Europe, le rendement du Bund est pratiquement inchangé, autour de 0,24%.

CHANGES

L'optimisme sur les discussions commerciales entre Washington et Pékin favorise le dollar australien (+0,3%) tandis que le dollar américain reste pratiquement stable face à un panier de devises de référence.

Le billet vert a souffert ces dernières semaines des anticipations d'un ralentissement du rythme de hausse des taux de la Réserve fédérale l'an prochain et de la baisse marquée des rendements américains.

Il progresse néanmoins de près de 5% sur l'ensemble de l'année, porté par les quatre hausses de taux de la Fed en 2018 et la vigueur de l'économie américaine.

De son côté, l'euro est stable face au dollar, autour de 1,1430 dollar, et s'achemine vers un repli de 4,7% en 2018.

PÉTROLE

Les cours du brut suivent la tendance haussière des marchés d'actions lundi et progressent de plus de 2%, mais ils restent en passe d'accuser leur premier repli annuel en trois ans.

Le baril de Brent revient à près de 54,50 dollars et le baril de brut léger américain (WTI) se traite au-delà de 46 dollars.

MÉTAUX

Valeur refuge par excellence, l'or est freiné par les espoirs sur le commerce après avoir nettement progressé en décembre, qui devrait être son meilleur mois depuis janvier 2017.

Sur l'ensemble de l'année, le métal jaune devrait néanmoins accuser sa première perte depuis 2015.

Les craintes autour du ralentissement économique de la Chine ont par ailleurs nettement pesé cette année sur les métaux industriels, comme le cuivre, en repli de près de 17% en 2018.

(Édité par Wilfrid Exbrayat)


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