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L'Europe boursière dans le rouge, la Chine inquiète

L'Europe boursière dans le rouge, la Chine inquiète
Crédit photo © Reuters

par Blandine Henault

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes évoluent en nette baisse lundi, après un nouvel indicateur décevant en Chine qui relance les craintes pour la croissance mondiale et alimente la nervosité à l'entame de la saison des publications de résultats trimestriels.

À Paris, l'indice CAC 40 abandonne 0,59% à 4.753,32 points vers 09h15 GMT. À Francfort, le Dax cède 0,58% et à Londres, le FTSE perd 0,52%.

L'indice EuroStoxx 50 de la zone euro se replie de 0,58%, le FTSEurofirst 300 recule de 0,66% et le Stoxx 600 de 0,58%.

En dépit du soulagement apporté par l'avancée des discussions commerciales entre Washington et Pékin et le discours accommodant de la Réserve fédérale, les récents indicateurs continuent de pointer vers un ralentissement de l'activité économique mondiale.

Dernière statistique en date, les chiffres de la balance commerciale en Chine ont montré lundi une baisse de 4,4% des exportations sur un an en décembre, leur plus forte baisse depuis deux ans, alors que les analystes interrogés par Reuters anticipaient une progression de 3%. Les importations chinoises ont elles aussi nettement ralenti, à 7,6% en rythme annuel. Les analystes s'attendaient à une progression de 5%.

"Si vous aviez besoin d'une preuve de la façon dont le conflit commercial peut affecter l'état de santé de l'économie du pays, alors ce chiffre est clairement un élément majeur", indique Naeem Aslam, chez ThinkMarkets.

L'impact de ce ralentissement sur les chiffres d'affaires et les bénéfices des entreprises sera étudié avec soin à l'occasion de la saison des publications de résultats du quatrième trimestre, qui débute lundi avec les annonces de Citigroup.

La semaine sera aussi marquée par le vote mardi à la Chambre des communes britannique sur le projet d'accord de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne négocié entre Londres et Bruxelles. Selon Sky News, Theresa May fera une déclaration au Parlement ce lundi à 15h30 GMT, sa dernière chance de convaincre les nombreux parlementaires récalcitrants.

Les marchés continuent par ailleurs de vivre sur fond de "shutdown" aux Etats-Unis, la fermeture des administrations fédérales faute d'accord sur le budget étant entrée dans son 24e jour. La publication de certains indicateurs américains attendus cette semaine, comme les ventes au détail mercredi, pourrait être décalée.

VALEURS

Le secteur du luxe, très sensible à l'économie chinoise, est délaissé: à Paris, LVMH recule de 2,57%, Hermes abandonne 1,67% et Kering perd 1,7%. L'italien Moncler lâche 1,67%.

En revanche, le britannique Burberry (+2,48%) profite d'un relèvement de recommandation de BAML à "neutre" contre "sous-performance".

D'autres changements de recommandation animent aussi la cote: Atos (-3,75%) et Orpea (-5,25%) figurent parmi les plus fortes baisses du Stoxx 600 après des avis défavorables de respectivement Credit Suisse et Exane.

A contrario, Air France-KLM bondit de 1,20%, soutenu par l'avis de Bernstein qui pointe l'effet favorable de la baisse récente des cours du pétrole. A Franfort, Lufthansa prend 1,49%.

Le secteur automobile résiste en dépit de la confirmation d'une contraction du marché chinois l'an dernier et des annonces peu encourageantes de Continental (-0,83%). L'indice Stoxx du compartiment limite son repli (-0,29%), aidé notamment par le rebond de Valeo (+0,95%).

EN ASIE

Les Bourses chinoises ont clôturé dans le rouge après la statistique de la balance commerciale en Chine. L'indice composite de la Bourse de Shanghai a reculé de 0,71%, le CSI 300 des grandes capitalisations de Chine continentale a perdu 0,87% et la Bourse de Hong Kong a abandonné 1,38%.

De son côté, la Bourse de Tokyo est restée fermée en raison d'un jour férié.

A WALL STREET

Les contrats à terme sur les indices américains évoluent lundi dans le rouge, pointant vers une ouverture en repli de l'ordre de 0,7% à 0,8%.

Vendredi, la Bourse de New York a terminé quasiment inchangée après cinq séances de hausse, les investisseurs optant pour la prudence à l'approche d'une saison très attendue de résultats trimestriels d'entreprises.

Citigroup publiera lundi en avant-Bourse ses résultats du quatrième trimestre et sera suivi dans la semaine de JPMorgan, Wells Fargo, Bank of America et Goldman Sachs.

TAUX

Le rendement des Treasuries à dix ans recule de plus de deux points de base, en raison du retour de l'aversion au risque, retombant autour de 2,67%.

Le rendement du Bund allemand de même échéance, qui fait office de référence dans la zone euro, suit la tendance pour revenir autour de 0,22%.

Le vote sur le Brexit, qui s'annonce difficile, et la menace d'élections législatives anticipées en Grèce, alimentent en outre la prudence.

Fragilisé par la démission de son ministre de la Défense, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras a annoncé dimanche qu'il solliciterait un vote de confiance du Parlement qui pourrait intervenir mercredi.

Le rendement des obligations d'Etat grecques à dix ans monte de deux points de base, à 4,3%.

CHANGES

La statistique décevante sur la balance commerciale chinoise pèse en particulier sur le dollar australien (-0,3%), très sensible à l'évolution de l'économie en Chine, premier partenaire commercial de l'Australie.

Parallèlement, le yen se renforce face au dollar (+0,4%) sur fond de regain d'aversion au risque.

L'indice dollar, qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de devises de référence, recule légèrement après avoir rebondi lors des deux dernières séances.

L'euro se maintient autour de 1,1460 dollar, après avoir évolué au-dessus de 1,15 la semaine dernière.

PÉTROLE

Les cours du brut poursuivent leur repli de vendredi, cédant encore plus de 1,5%, plombés par les craintes sur le ralentissement de la croissance en Chine susceptible de peser sur la demande en pétrole.

Le baril de Brent retombe sous les 60 dollars et le baril de brut léger américain (WTI) revient sous 51 dollars.

MÉTAUX

L'aversion au risque profite à l'or, dont le cours spot gagne 0,5%, pour revenir non loin d'un récent plus haut de sept mois à 1.298,42 dollars l'once.

(Édité par Juliette Rouillon)


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