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L'épouse de Meng Hongwei engage une procédure contre Interpol

L'épouse de Meng Hongwei engage une procédure contre Interpol
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - L'épouse de l'ex-président chinois d'Interpol Meng Hongwei a annoncé ce week-end qu'elle engageait devant la Cour permanente d'arbitrage de La Haye une procédure contre l'organisation internationale de police criminelle, dont le siège est à Lyon.

Elu en novembre 2016 à la tête d'Interpol, Meng Hongwei a disparu le 25 septembre 2018 lors d'un voyage en Chine. La France a alors ouvert une enquête pour disparition inquiétante. La Chine a annoncé plus tard qu'une enquête pour corruption avait été ouverte à son encontre.

Son épouse, Grace Meng, qui a obtenu l'asile en France, a dénoncé la nature politique de sa mystérieuse disparition et récusé les accusations portées contre lui par les autorités chinoises.

Dans une déclaration transmise dimanche à Reuters par ses avocats français, elle reproche à Interpol une "attitude sans précédent, pour une organisation internationale".

Interpol "n'a ni protégé ni assisté ma famille et est complice des agissements illicites du pays membre qu'est la Chine", dit-elle dans cette déclaration.

"En conséquence, et en dépit de menaces par Interpol d'une action juridique si je parle, j'annonce aujourd'hui que j'ai lancé une procédure contre Interpol devant la Cour permanente d'arbitrage de La Haye" (CPA), poursuit-elle.

"Un tribunal sera constitué et décidera si la disparition de mon mari ne relève que des institutions compétentes en France et en Chine comme le dit Interpol, ou si Interpol a elle-même violé ses obligations envers ma famille", ajoute-t-elle.

Grace Meng précise qu'elle sera représentée par deux avocats de Londres, Rutsel Martha et Stephen Bailey, et par ses deux avocats français, Mes Emmanuel Marsigny et Louis Gesdon.

La CPA a été créée en 1899 pour faciliter l'arbitrage et les autres formes de règlement des différends entre États.

Interpol a regretté dans une déclaration à Reuters que Grace Meng et ses avocats aient "décidé de violer la confidentialité de ces procédures" et a nié avoir menacé l'épouse de Meng Hongwei.

"Interpol a rappelé aux requérants et à leurs représentants leur obligation légale de respecter la confidentialité de ces procédures", a dit un porte-parole de l'organisation, selon qui décrire cet avertissement comme une menace visant à faire taire Grace Meng est "complètement" abusif.

Interpol conteste aussi catégoriquement toute implication ou complicité avec les "actions de la Chine" contre l'ancien président de l'organisation.

(Emmanuel Jarry, avec Inti Landuro)


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